{"id":12471,"date":"2021-11-12T13:02:15","date_gmt":"2021-11-12T13:02:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/?p=12471"},"modified":"2021-11-12T13:02:18","modified_gmt":"2021-11-12T13:02:18","slug":"en-rdc-cest-permis-de-censurer-mais-jusqua-quand","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/2021\/11\/12\/en-rdc-cest-permis-de-censurer-mais-jusqua-quand\/","title":{"rendered":"En RDC, c\u2019est permis de censurer mais jusqu\u2019\u00e0 quand ?"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Avez-vous &eacute;cout&eacute; <em>Lettre &agrave; ya Tshitshi <\/em>du rappeur Bob Elvis, et, surtout, <em>Nini tosali te <\/em>du groupe MPR ? Les clips de ces deux titres sont visionn&eacute;s en boucle sur YouTube et WhatsApp depuis leur sortie le 5 novembre. Leur point commun : des paroles tr&egrave;s engag&eacute;es. Le premier s&rsquo;attaque frontalement au pouvoir en place, le second d&eacute;crit le d&eacute;sarroi de la jeunesse congolaise qui peine &agrave; s&rsquo;en sortir, peu importe les r&eacute;gimes politiques qui, finalement, se suivent et se ressemblent, selon les interpr&egrave;tes. Des textes qui ne sont pas du go&ucirc;t de la Commission nationale de censure des chansons et des spectacles. Cette structure a d&eacute;cid&eacute;, le 9 novembre, d&rsquo;interdire leur diffusion, provoquant un toll&eacute; g&eacute;n&eacute;ral. L&rsquo;occasion d&rsquo;interroger la raison d&rsquo;&ecirc;tre de la commission de censure aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Bonjour,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Je suis <a href=\"https:\/\/twitter.com\/tresor_k?s=21\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/twitter.com\/tresor_k?s=21\"><strong>Tr&eacute;sor Kibangula<\/strong>,<\/a> analyste politique au sein du <strong>Groupe d&rsquo;&eacute;tude sur le Congo<\/strong>, centre de recherche de l&rsquo;Universit&eacute; de New York. Vous &eacute;coutez le 39e num&eacute;ro de <strong><a href=\"https:\/\/podcast.ausha.co\/po-na-gec\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/podcast.ausha.co\/po-na-gec\">Po Na GEC<\/a>,<\/strong> notre capsule audio qui analyse les questions d&rsquo;actualit&eacute; en RDC. Nous sommes le vendredi 12 novembre 2021.&nbsp;<\/p>\n\n\n<p><iframe frameborder=\"0\" loading=\"lazy\" id=\"ausha-QfNE\" height=\"220\" style=\"border: none; width:100%; height:220px\" src=\"https:\/\/player.ausha.co\/index.html?podcastId=ykmR7Hw4EkpB&amp;playlist=false&amp;color=%23de8d33&amp;v=3&amp;playerId=ausha-QfNE\"><\/iframe><script src=\"https:\/\/player.ausha.co\/ausha-player.js\"><\/script><\/p>\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">On le sait : &agrave; part la commission nationale de censure ainsi qu&rsquo;une poign&eacute;e de partisans du r&eacute;gime sur les r&eacute;seaux sociaux, personne n&rsquo;a assum&eacute;, publiquement, cette d&eacute;cision de censure. Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, a rapidement indiqu&eacute; que la mesure &laquo;&nbsp;n&rsquo;&eacute;man[ait] pas du gouvernement&nbsp;&raquo;. Sans risque de f&acirc;cher les autorit&eacute;s sur le sujet, la D&eacute;l&eacute;gation de l&rsquo;Union europ&eacute;enne en RDC a d&eacute;clar&eacute; &laquo;&nbsp;[s&rsquo;associer] &agrave; l&rsquo;indignation suscit&eacute;e&nbsp;&raquo;. D&rsquo;autres ambassades ainsi que le Bureau conjoint des droits humains des Nations unies ont suivi cette initiative. La censure de ces deux titres, &eacute;tait-elle la d&eacute;cision d&rsquo;un haut-fonctionnaire z&eacute;l&eacute;, n&rsquo;ayant pas obtenu en amont l&rsquo;aval du minist&egrave;re de la Justice, dont d&eacute;pend sa structure ? Pas si s&ucirc;r. De fait, les clameurs des Congolais ont pouss&eacute; &agrave; la lev&eacute;e de la mesure vingt-quatre heures plus tard.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Cette interdiction de diffuser &ndash; m&ecirc;me &agrave; titre conservatoire &ndash; a &eacute;t&eacute; contre-productive pour l&rsquo;image du pouvoir en place, per&ccedil;u &agrave; travers cet acte comme celui qui tient &agrave; faire taire toute voix discordante, &agrave; b&acirc;illonner toute critique &agrave; son &eacute;gard. Peu importe si la commission de censure s&rsquo;abrite derri&egrave;re les textes l&eacute;gaux et r&eacute;glementaires l&rsquo;autorisant &agrave; agir de la sorte lorsqu&rsquo;une chanson est mise &agrave; la disposition du public, avant son accord pr&eacute;alable.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Aussi, en 2021, avec l&rsquo;&eacute;mergence des r&eacute;seaux sociaux et le nombre de plus en plus croissant d&rsquo;utilisateurs de smartphones dans le pays, la censure devient tout simplement inefficace.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Alors, la RDC a-t-elle encore besoin aujourd&rsquo;hui de ce type de gardien de la morale publique, juge du bien et du mal, de ce qu&rsquo;on a le droit de dire ou pas dans les chansons, de faire ou pas sur sc&egrave;ne ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Certains pensent que oui. Face &agrave; des paroles trop &eacute;rotiques et des images obsc&egrave;nes de certains clips, les censeurs doivent pr&eacute;server les oreilles et les yeux chastes des Congolais, et ne pas laisser libre cours &agrave; la d&eacute;pravation des m&oelig;urs. Ils disent qu&rsquo;il y a aussi la culture congolaise &agrave; pr&eacute;server. Cet ensemble de constructions sociales et valeurs fa&ccedil;onn&eacute;es notamment par les traditions locales mais aussi par l&rsquo;&eacute;ducation chr&eacute;tienne. Ce n&rsquo;est pas pour rien que des repr&eacute;sentants des confessions religieuses si&egrave;gent &agrave; la commission nationale de censure telle qu&rsquo;institu&eacute;e en 1996.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">D&rsquo;autres, en revanche, consid&egrave;rent que le temps des censeurs est r&eacute;volu. On ne peut plus emp&ecirc;cher <em>a priori<\/em> une &oelig;uvre artistique d&rsquo;&ecirc;tre publi&eacute;e avant un quelconque tampon pr&eacute;alable. Quitte au syst&egrave;me judiciaire de contr&ocirc;ler <em>a posteriori <\/em>des contenus des chansons qui auraient viol&eacute; la loi. Ce serait sans doute une mani&egrave;re beaucoup plus saine d&rsquo;encadrer la libert&eacute; d&rsquo;expression dans ce domaine. D&rsquo;autant qu&rsquo;il existe d&eacute;j&agrave;, en RDC, des structures publiques dont les attributions semblent avoir repris et ajust&eacute; celles de la commission de censure. C&rsquo;est le cas par exemple du Conseil sup&eacute;rieur de l&rsquo;audiovisuel et de la communication (CSAC), &laquo; organe sp&eacute;cialis&eacute; destin&eacute; &agrave; r&eacute;guler les m&eacute;dias &raquo;, mis en place en 2011, qui est cens&eacute; contr&ocirc;ler &ndash; pas censurer &ndash; <em>a priori <\/em>et <em>a posteriori<\/em> notamment l&rsquo;objet et le contenu des spots, des clips, des films et documentaires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">En tout cas, en public et en priv&eacute;, certains membres du gouvernement admettent que la censure n&rsquo;&eacute;tait pas justifi&eacute;e. Le d&eacute;cret de 1996 mettant en place la commission de censure est, disent-ils, une &laquo; r&eacute;glementation ancienne &raquo;. Que faut-il alors pour le modifier afin de trouver l&rsquo;&eacute;quilibre n&eacute;cessaire entre libert&eacute; d&rsquo;expression artistique et respect des valeurs culturelles, &agrave; d&eacute;faut de le supprimer ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">En attendant la r&eacute;ponse des gouvernants, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant &laquo; GEC &raquo; au&nbsp;<strong>+243 894 110 542&nbsp;<\/strong>ou de cliquer sur&nbsp;<strong><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/wa.me\/message\/7ZROAHD3VADQD1\" target=\"_blank\">ici<\/a><\/strong>&nbsp;et d&rsquo;enregistrer notre num&eacute;ro pour recevoir Po Na GEC chaque vendredi sur votre t&eacute;l&eacute;phone. &Agrave; bient&ocirc;t !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Vous pouvez retrouver&nbsp;<strong><a href=\"https:\/\/smartlink.ausha.co\/po-na-gec\/\">ici les pr&eacute;c&eacute;dents &eacute;pisodes de Po Na GEC, disponibles sur toutes les plateformes d&rsquo;&eacute;coute<\/a><\/strong>.<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ceci est une retranscription du texte de l&rsquo;&eacute;pisode 39 de Po Na GEC, notre capsule audio qui tente d&rsquo;&eacute;clairer l&rsquo;actualit&eacute; en RDC<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[40,247,44],"tags":[276,277,275,73],"acf":[],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12471"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12471"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12471\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12471"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12471"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12471"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}