{"id":13143,"date":"2022-05-06T10:48:39","date_gmt":"2022-05-06T10:48:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/?p=13143"},"modified":"2022-05-06T10:51:33","modified_gmt":"2022-05-06T10:51:33","slug":"ce-quil-faut-savoir-de-la-table-ronde-de-lubumbashi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/2022\/05\/06\/ce-quil-faut-savoir-de-la-table-ronde-de-lubumbashi\/","title":{"rendered":"Ce qu&rsquo;il faut savoir de la table ronde de Lubumbashi"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Samedi dernier, une table ronde sur la r&eacute;conciliation intercommunautaire a &eacute;t&eacute; cl&ocirc;tur&eacute;e &agrave; Lubumbashi apr&egrave;s huit jours de discussions. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;une initiative du pr&eacute;sident F&eacute;lix Tshisekedi, avec une participation impressionnante : le Premier ministre, des gouverneurs, plusieurs ministres nationaux et provinciaux ont pris part &agrave; ces assises. Quelle &eacute;tait la raison de cette r&eacute;union ? A-t-elle r&eacute;ussi ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">C&rsquo;est le sujet du dixi&egrave;me &eacute;pisode de la saison 2 de Po na GEC, la capsule audio du Groupe d&rsquo;&eacute;tude sur le Congo (GEC) et d&rsquo;Ebuteli, son partenaire de recherche en RDC, qui tente d&rsquo;&eacute;clairer l&rsquo;actualit&eacute; du pays. Je suis Jason Stearns, directeur du GEC. Nous sommes le vendredi 6 mai 2022.<\/p>\n\n\n\n<iframe loading=\"lazy\" width=\"100%\" height=\"166\" scrolling=\"no\" frameborder=\"no\" allow=\"autoplay\" src=\"https:\/\/w.soundcloud.com\/player\/?url=https%3A\/\/api.soundcloud.com\/tracks\/1263259417&amp;color=%23ff5500&amp;auto_play=false&amp;hide_related=false&amp;show_comments=false&amp;show_user=true&amp;show_reposts=false&amp;show_teaser=true\"><\/iframe><div style=\"font-size: 10px; color: #cccccc;line-break: anywhere;word-break: normal;overflow: hidden;white-space: nowrap;text-overflow: ellipsis; font-family: Interstate,Lucida Grande,Lucida Sans Unicode,Lucida Sans,Garuda,Verdana,Tahoma,sans-serif;font-weight: 100;\"><a href=\"https:\/\/soundcloud.com\/gec-crg\" title=\"GEC\" target=\"_blank\" style=\"color: #cccccc; text-decoration: none;\" rel=\"noopener\">GEC<\/a> &middot; <a href=\"https:\/\/soundcloud.com\/gec-crg\/ce-quil-faut-retenir-de-la-table-ronde-lubumbashi-po-na-gec-2-10\" title=\"S2. &Eacute;p.10. Ce qu'il faut retenir de la table ronde de Lubumbashi - &Eacute;coutez Po Na GEC\" target=\"_blank\" style=\"color: #cccccc; text-decoration: none;\" rel=\"noopener\">S2. &Eacute;p.10. Ce qu&rsquo;il faut retenir de la table ronde de Lubumbashi &ndash; &Eacute;coutez Po Na GEC<\/a><\/div>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">La r&eacute;union a abord&eacute; l&rsquo;une des questions les plus sensibles de la politique katangaise : l&rsquo;autochtonie. Depuis la cr&eacute;ation de l&rsquo;Union mini&egrave;re du Katanga en 1906, la r&eacute;gion a attir&eacute; des travailleurs de toutes les provinces, en particulier ceux du Kasa&iuml;. Cela a suscit&eacute; le ressentiment des communaut&eacute;s locales d&egrave;s 1936, lorsque le gouvernement colonial belge a nomm&eacute; Albert Kabongo, un Kasa&iuml;en de la communaut&eacute; Luba, comme chef de centre d&rsquo;Elisabethville. Puis, en 1957, lors des premi&egrave;res &eacute;lections communales du Congo, trois des quatre conseillers &eacute;lus dans la ville &eacute;taient des Luba, le quatri&egrave;me &eacute;tant originaire du nord du Katanga.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Dans le pass&eacute;, cependant, ce n&rsquo;est que lorsque les politiciens ont manipul&eacute; ces ressentiments que ces derniers ont d&eacute;g&eacute;n&eacute;r&eacute; en violence. Le cas le plus c&eacute;l&egrave;bre est survenu en 1991, lorsque le pr&eacute;sident Mobutu et le gouverneur Kyungu wa Kumwanza ont tous deux aliment&eacute; une campagne de divisionnisme et de discours de haine. Cons&eacute;quence : plus de 100 000 Kasa&iuml;ens, principalement des Luba, chass&eacute;s de Kolwezi, Likasi et d&rsquo;autres villes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">La situation actuelle est beaucoup moins dramatique, mais reste pr&eacute;occupante. Au cours des derni&egrave;res ann&eacute;es, et de plus en plus depuis l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re, des milliers de Kasa&iuml;ens ont migr&eacute; vers les villes mini&egrave;res de Likasi, Fungurume, Kasumbalesa, Kolwezi et Lubumbashi. En fait, leur nombre est difficile &agrave; estimer, mais certaines organisations locales indiquent que l&rsquo;on pouvait compter des centaines d&rsquo;arriv&eacute;es par jour.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Les raisons de cette migration semblent largement li&eacute;es &agrave; la d&eacute;t&eacute;rioration de la situation &eacute;conomique et humanitaire dans les Kasa&iuml;. Ces d&eacute;placements ont provoqu&eacute; des tensions avec d&rsquo;autres communaut&eacute;s locales qui pr&eacute;tendent que les nouveaux arrivants sur place pourraient leur enlever des emplois ou saper leur pouvoir politique. D&eacute;j&agrave;, par exemple, parmi les 36 d&eacute;put&eacute;s nationaux et provinciaux &eacute;lus &agrave; Lubumbashi en 2018, seule une poign&eacute;e est issue des communaut&eacute;s consid&eacute;r&eacute;es comme originaires du Haut-Katanga.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Il n&rsquo;y a pas encore eu de violences &agrave; grande &eacute;chelle provoqu&eacute;es par cette migration r&eacute;cente. Et la situation est bien diff&eacute;rente de celle de 1992 : &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, Mobutu et Kyungu &eacute;taient confront&eacute;s au d&eacute;fi d&rsquo;un parti d&rsquo;opposition dirig&eacute; par &Eacute;tienne Tshisekedi, que beaucoup consid&eacute;raient comme ancr&eacute; dans la communaut&eacute; luba. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est un pr&eacute;sident issu de cette m&ecirc;me communaut&eacute; qui est au pouvoir et se trouve &eacute;galement en coalition avec le parti politique de Kyungu, l&rsquo;UNAFEC.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Pourtant, au vu de l&rsquo;ampleur des violences pass&eacute;es et de la g&eacute;n&eacute;ralisation de ces ranc&oelig;urs, il y a de quoi s&rsquo;inqui&eacute;ter. Ce qui justifie cette table ronde. Et les tensions li&eacute;es &agrave; l&rsquo;appartenance surgissent &eacute;galement ailleurs : des protestations ont &eacute;clat&eacute; au Kasa&iuml; &agrave; propos d&rsquo;une entreprise de construction de routes accus&eacute;e d&rsquo;avoir favoris&eacute; les travailleurs de l&rsquo;ancienne province du Bandundu. Lors de r&eacute;cents pourparlers de paix de Nairobi, de nombreux participants ont articul&eacute; leurs griefs autour d&rsquo;arguments similaires li&eacute;s &agrave; l&rsquo;autochtonie, la &laquo; g&eacute;opolitique &raquo; &agrave; la congolaise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Quelles solutions ont alors &eacute;t&eacute; propos&eacute;es ? &Agrave; l&rsquo;issue de la table ronde de Lubumbashi, de nombreuses recommandations ont &eacute;t&eacute; formul&eacute;es. Certaines d&rsquo;entre elles semblent b&eacute;n&eacute;ficier d&rsquo;un large soutien, comme par exemple : investir dans l&rsquo;&eacute;conomie du Grand Kasa&iuml;, notamment en promouvant l&rsquo;agriculture, en construisant des barrages hydro&eacute;lectriques et des routes, et en d&eacute;veloppant de nouvelles activit&eacute;s mini&egrave;res. D&rsquo;autres sont plus controvers&eacute;es, notamment la proposition d&rsquo;exiger une feuille de route pour les personnes qui veulent traverser les fronti&egrave;res provinciales, car ceci pourrait entra&icirc;ner des harc&egrave;lements et porter atteinte &agrave; la libre circulation des populations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Avec les &eacute;lections qui se profilent &agrave; l&rsquo;horizon, des tensions communautaires risquent d&rsquo;augmenter dans tout le pays. La fa&ccedil;on dont les dirigeants politiques y r&eacute;pondront sera un indicateur de leur capacit&eacute; &agrave; placer la coh&eacute;sion nationale au-dessus des pr&eacute;occupations partisanes et personnelles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Merci d&rsquo;avoir &eacute;cout&eacute;. Pour recevoir Po na GEC chaque vendredi sur votre t&eacute;l&eacute;phone, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant GEC ou Ebuteli au +243 894 110 542 ou en cliquant <strong><a href=\"https:\/\/wa.me\/message\/7ZROAHD3VADQD1\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">ici<\/a><\/strong>. &Agrave; bient&ocirc;t !<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Samedi dernier, une table ronde sur la r&eacute;conciliation intercommunautaire a &eacute;t&eacute; cl&ocirc;tur&eacute;e &agrave; Lubumbashi apr&egrave;s huit jours de discussions. 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