{"id":13992,"date":"2023-01-27T16:36:14","date_gmt":"2023-01-27T16:36:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/?p=13992"},"modified":"2023-01-27T16:59:09","modified_gmt":"2023-01-27T16:59:09","slug":"djugu-lautre-conflit-sanglant-de-lest-de-la-rdc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/2023\/01\/27\/djugu-lautre-conflit-sanglant-de-lest-de-la-rdc\/","title":{"rendered":"Djugu, l\u2019autre conflit sanglant de l\u2019est de la RDC"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Depuis la chute de Bunagana, en juin dernier, le conflit du M23 accapare une grande partie de l&rsquo;attention m&eacute;diatique et politique en RD Congo. Ceci est compr&eacute;hensible&nbsp;: le risque d&rsquo;un conflit ouvert avec le Rwanda et les graves exactions perp&eacute;tr&eacute;es mobilisent l&eacute;gitimement l&rsquo;opinion publique et les d&eacute;cideurs. N&eacute;anmoins, cette focalisation fait passer au second plan d&rsquo;autres conflits, comme celui du territoire de Djugu, dans la province de l&rsquo;Ituri, qui est pourtant plus meurtrier encore pour les civils. Plus de mille d&rsquo;entre eux y ont &eacute;t&eacute; tu&eacute;s ces deux derni&egrave;res ann&eacute;es. Entre les 13 et 16 janvier, &agrave; Nyambamba, au moins 31 civils ont &agrave; nouveau &eacute;t&eacute; tu&eacute;s par des miliciens Codeco. Pourquoi ne parvient-on pas &agrave; y ma&icirc;triser la violence&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Bonjour et bienvenu dans ce troisi&egrave;me &eacute;pisode de la saison trois de <strong><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/soundcloud.com\/gec-crg\" target=\"_blank\">Po Na GEC<\/a><\/strong>, la capsule audio qui tente d&rsquo;&eacute;clairer l&rsquo;actualit&eacute; de la RDC. Je suis <strong><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/twitter.com\/PierreBoisselet\" target=\"_blank\">Pierre Boisselet<\/a><\/strong>, le coordonnateur des recherches sur la violence de l&rsquo;Institut <strong><a href=\"https:\/\/twitter.com\/ebuteli\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Ebuteli<\/a><\/strong>. Nous sommes le vendredi 27 janvier, et cette semaine, nous nous int&eacute;ressons au conflit sur le territoire de Djugu.<\/p>\n\n\n\n<iframe frameborder=\"0\" loading=\"lazy\" id=\"ausha-hCka\" height=\"220\" style=\"border: none; width:100%; height:220px\" src=\"https:\/\/player.ausha.co\/index.html?showId=odAgzhKEZv0X&amp;color=%23de8d33&amp;podcastId=B6Onlh6kn3zV&amp;v=3&amp;playerId=ausha-hCka\"><\/iframe><script src=\"https:\/\/player.ausha.co\/ausha-player.js\"><\/script>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Sur le papier, ce dernier para&icirc;t plus simple &agrave; g&eacute;rer que d&rsquo;autres. Aucune r&eacute;bellion &eacute;trang&egrave;re n&rsquo;est &eacute;tablie sur ce territoire et, &agrave; part la Monusco, aucune force &eacute;trang&egrave;re n&rsquo;y est directement intervenue depuis 2003 &ndash; m&ecirc;me si l&rsquo;arm&eacute;e ougandaise pourrait prochainement s&rsquo;y d&eacute;ployer.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Il y a certes des circuits de contrebande importants, notamment vers l&rsquo;Ouganda pour l&rsquo;or produit dans&nbsp;la zone, mais les principaux acteurs sont tous Congolais. C&rsquo;est le cas des miliciens, connus sous le nom g&eacute;n&eacute;rique de Codeco, qui sont responsables de la grande majorit&eacute; des violences contre les civils, souvent ouvertement et en plein jour. Ces miliciens sont majoritairement issus de la communaut&eacute; Lendu, qui a &eacute;t&eacute; historiquement marginalis&eacute;e &ndash; ce qui ne justifie bien s&ucirc;r en rien ses exactions.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Face &agrave; cette situation, l&rsquo;arm&eacute;e congolaise a men&eacute; plusieurs offensives, comme l&rsquo;op&eacute;ration<em> Zaruba ya Ituri<\/em> en 2019, puis sous l&rsquo;&eacute;tat de si&egrave;ge depuis 2021, mais avec une faible distinction entre les miliciens Codeco des civils, ce qui a encore davantage ins&eacute;curis&eacute; ces derniers, que ce soit lors des op&eacute;rations elles-m&ecirc;mes, ou lors des attaques de repr&eacute;sailles, qui se sont progressivement &eacute;tendues au territoire voisin de Mahagi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Lors de ces offensives, l&rsquo;arm&eacute;e s&rsquo;est parfois appuy&eacute;e sur des miliciens issus des communaut&eacute;s cibl&eacute;es par la Codeco, notamment Hema et Alur. Ces derniers sont connus sous le nom de &laquo;&nbsp;<em>Za&iuml;re-FPAC<\/em>&nbsp;&raquo;, m&ecirc;me si cette appellation est rejet&eacute;e par les int&eacute;ress&eacute;s&nbsp;: ils restent discrets sur leur organisation, possiblement pour favoriser leur impunit&eacute;. Toujours est-il que ces milices ont aussi men&eacute; des exactions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">C&rsquo;est typiquement pour d&eacute;nouer ce genre de situation qu&rsquo;ont &eacute;t&eacute; con&ccedil;us les processus de paix en cours dans l&rsquo;est de la RDC. C&rsquo;est le cas du Programme de d&eacute;sarmement, d&eacute;mobilisation, r&eacute;insertion communautaire et stabilisation, P-DDRCS, et du processus de Nairobi, qui rassemble autorit&eacute;s, groupes arm&eacute;s et leaders communautaires congolais. Les chefs de la Codeco ont d&rsquo;ailleurs &eacute;t&eacute; repr&eacute;sent&eacute;s &agrave; Nairobi fin novembre, ce qui paraissait &ecirc;tre une avanc&eacute;e. Ils y ont retrouv&eacute; des leaders d&rsquo;autres communaut&eacute;s, mais pas les <em>Za&iuml;res<\/em>, qui n&rsquo;ont pas de repr&eacute;sentants officiels. L&rsquo;accalmie n&rsquo;a en tout cas pas dur&eacute;, et de nouvelles exactions ont eu lieu d&egrave;s la fin des pourparlers.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">C&rsquo;est dans ce contexte qu&rsquo;a &eacute;t&eacute; annonc&eacute;e la cr&eacute;ation du Mouvement pour l&rsquo;autod&eacute;fense populaire de l&rsquo;Ituri, Mapi, en d&eacute;cembre. Ce groupe pr&eacute;tend d&eacute;fendre les communaut&eacute;s non-Lendu de Djugu face aux Codeco. Ses liens avec les <em>Za&iuml;res<\/em> ne sont pas enti&egrave;rement clairs, mais cette officialisation semble avoir &eacute;t&eacute; souhait&eacute;e par le gouverneur militaire de l&rsquo;Ituri, Johnny Luboya Kashama qui a re&ccedil;u leur promesse de d&eacute;poser les armes le 23 janvier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">La question du leadership r&eacute;el de cette structure sur les <em>Za&iuml;res<\/em> sera cruciale pour savoir si elle peut prendre et faire respecter des engagements, o&ugrave; s&rsquo;il s&rsquo;agit uniquement de b&eacute;n&eacute;ficier du statut et de l&rsquo;argent associ&eacute; au r&ocirc;le de partie &agrave; une n&eacute;gociation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Cela semble en tout cas refl&eacute;ter un changement d&rsquo;approche des autorit&eacute;s, avec un accent mis sur des discussions. Elles ont d&rsquo;ailleurs peu d&rsquo;autre choix, vu l&rsquo;inefficacit&eacute; de l&rsquo;option militaire, et la r&eacute;duction de ses effectifs, d&eacute;j&agrave; insuffisants, au profit du front du M23.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Pour r&eacute;ussir, il leur faudra toutefois convaincre les membres de tous les groupes arm&eacute;s de d&eacute;poser les armes, dont leurs leaders. Mais aussi, parall&egrave;lement, de r&eacute;soudre les probl&egrave;mes de fond, &agrave; savoir restaurer la confiance entre les autorit&eacute;s et les civils de toutes les communaut&eacute;s, ce qui n&eacute;cessite des r&eacute;formes de l&rsquo;arm&eacute;e et de la police pour mettre fin &agrave; la pr&eacute;dation et les amener &agrave; conduire leur mission de mani&egrave;re impartiale et d&eacute;sint&eacute;ress&eacute;e. Il faudra aussi trouver des solutions accept&eacute;es et durables aux conflits fonciers et coutumiers.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Il y a peu de b&eacute;n&eacute;fices imm&eacute;diats pour qui se lancerait dans une t&acirc;che aussi complexe. Mais les morts de Djugu m&eacute;riteraient que l&rsquo;&Eacute;tat se mobilise davantage pour parvenir &agrave; ces solutions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Pour recevoir <strong><a href=\"https:\/\/soundcloud.com\/gec-crg\">Po Na GEC<\/a><\/strong> chaque vendredi sur votre t&eacute;l&eacute;phone, rejoignez notre fil WhatsApp en envoyant &laquo; <strong>GEC<\/strong> &raquo; ou &laquo; <strong>Ebuteli<\/strong> &raquo; au <strong>+243 894 110 542<\/strong>. &Agrave; bient&ocirc;t !<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis la chute de Bunagana, en juin dernier, le conflit du M23 accapare une grande partie de l&rsquo;attention m&eacute;diatique et politique en RD Congo. 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