{"id":14586,"date":"2023-10-16T01:09:12","date_gmt":"2023-10-16T01:09:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/?p=14586"},"modified":"2023-10-16T01:56:38","modified_gmt":"2023-10-16T01:56:38","slug":"aux-racines-de-la-violence-en-ituri-et-dans-le-grand-nord-du-nord-kivu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/2023\/10\/16\/aux-racines-de-la-violence-en-ituri-et-dans-le-grand-nord-du-nord-kivu\/","title":{"rendered":"Aux racines de la violence en Ituri et dans le \u2018Grand-Nord\u2019 du Nord-Kivu"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\"><strong>&Agrave; premi&egrave;re vue, l&rsquo;Ituri et le Grand Nord sont affect&eacute;s par des dynamiques de violence diff&eacute;rentes qui devraient &ecirc;tre &eacute;tudi&eacute;es s&eacute;par&eacute;ment. Une analyse plus minutieuse des conflits sur les deux espaces territoriaux aboutit n&eacute;anmoins &agrave; en d&eacute;celer les points d&rsquo;enchev&ecirc;trement, les relations de vase communicant et parfois une identit&eacute; d&rsquo;acteurs &ndash; d&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t d&rsquo;une m&ecirc;me &eacute;tude comparative.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\"><em>Par Pascal Kambale, conseiller senior charg&eacute; des dynamiques de violence, Ebuteli<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Les deux espaces ont fait partie, &agrave; au moins deux reprises, d&rsquo;une m&ecirc;me entit&eacute; administrative. D&rsquo;abord entre 1925 et 1938 quand le territoire de l&rsquo;Ituri, d&eacute;tach&eacute; du district de Stanleyville, a fusionn&eacute; avec le territoire de Semliki (correspondant &agrave; l&rsquo;actuel Grand Nord), d&eacute;tach&eacute; du district du Nord-Kivu, pour former le nouveau <strong><a href=\"https:\/\/www.africamuseum.be\/sites\/default\/files\/media\/docs\/research\/publications\/rmca\/online\/monographies-provinces\/ituri.pdf\">district de Kibali-Ituri<\/a>.<\/strong> Ensuite entre 1999 et 2002, p&eacute;riode au cours de laquelle le groupe arm&eacute; rebelle RCD\/K-ML (Rassemblement congolais pour la d&eacute;mocratie\/Kisangani-Mouvement de lib&eacute;ration) a dirig&eacute; les deux entit&eacute;s avec le soutien de l&rsquo;Ouganda. Favoris&eacute;s en partie par cette unit&eacute; administrative, les mouvements migratoires du Grand Nord dens&eacute;ment peupl&eacute; vers les centres urbains et les zones moins peupl&eacute;es du sud-ouest de l&rsquo;Ituri (territoires de Mambasa et Irumu) ont fait que les Nande sont devenus au fil du temps la <strong><a href=\"https:\/\/www.eca-creac.eu\/sites\/default\/files\/pdf\/2019_-_01_-_a._bezares_calderon_p._englebert_-_tribulations_tribales_estimations_demographiques_commentees_des_ethnies_congolaises_par_nouvelles_provinces.pdf\">troisi&egrave;me plus grande communaut&eacute; ethnique<\/a> <\/strong>en Ituri dont ils sont estim&eacute;s &agrave; un peu plus de 17% de la population, juste apr&egrave;s les Lendu (25%) et les Alur (22%). En raison de son importance d&eacute;mographique, de sa visibilit&eacute; dans le commerce et l&rsquo;agriculture et des rivalit&eacute;s qui en d&eacute;coulent, la pr&eacute;sence des migrants nande constitue l&rsquo;un des &eacute;l&eacute;ments cl&eacute;s du contexte du conflit en Ituri.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Le cycle actuel de violence en Ituri a commenc&eacute; fin 2017 quand une s&eacute;rie d&rsquo;attaques intercommunautaires ont brutalement mis fin &agrave; une longue p&eacute;riode d&rsquo;accalmie couronn&eacute;e par le processus de pacification de d&eacute;cembre 2017. Le cycle pr&eacute;c&eacute;dent de violence &ndash; appel&eacute; aussi &laquo;&nbsp;<em>guerre de l&rsquo;Ituri&nbsp;<\/em>&raquo; &ndash; qui a dur&eacute; de 1999 &agrave; 2003, a surgi alors que ce qui &eacute;tait encore un district de l&rsquo;ancienne province Orientale &eacute;tait sous occupation des forces arm&eacute;es ougandaises UPDF. Le RCD\/K-ML, qui l&rsquo;administrait pour le compte de l&rsquo;Ouganda, &eacute;tendait sa zone d&rsquo;influence au Grand Nord. La direction politique du RCD\/K-ML &eacute;tait domin&eacute;e par des personnalit&eacute;s nande du Grand-Nord et hema de l&rsquo;Ituri. L&rsquo;Arm&eacute;e populaire congolaise (APC, branche arm&eacute;e du RCD\/K-ML) recrutait le gros de ses troupes dans les groupes ethniques nande, hema et lendu.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">L&rsquo;occupation <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/report\/2001\/03\/01\/uganda-eastern-drc\/fueling-politcal-and-ethnic-strife\"><strong>ougandaise<\/strong><\/a>, de m&ecirc;me que la composition ethnique des branches politique et arm&eacute;e du RCD\/K-ML ont contribu&eacute;&nbsp; &agrave; l&rsquo;enchev&ecirc;trement des conflits (ethniques et politiques, locaux et r&eacute;gionaux, culturels et &eacute;conomiques) dont la dynamique explique &agrave; la fois la persistance et la complexit&eacute; de la violence en Ituri. Elles expliquent &eacute;galement l&rsquo;interp&eacute;n&eacute;tration des conflits sur les deux entit&eacute;s territoriales quand bien m&ecirc;me chacune conserve une dynamique propre.<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\"><strong>Le conflit hema-lendu<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Hema et Lendu sont les principaux groupes ethniques de l&rsquo;Ituri, les Lendu en raison de leur poids d&eacute;mographique, les Hema en raison de leur poids &eacute;conomique. L&rsquo;antagonisme hema-lendu est le principal &ndash; et le plus vieux &ndash; moteur de la violence en Ituri. Le territoire de Djugu en est l&rsquo;&eacute;picentre du fait de son <a href=\"https:\/\/www.africamuseum.be\/sites\/default\/files\/media\/docs\/research\/publications\/rmca\/online\/monographies-provinces\/ituri.pdf\"><strong>importance<\/strong><\/a> agricole et d&eacute;mographique. L&rsquo;antagonisme hema-lendu est au d&eacute;part un conflit ethnique classique&nbsp;: une communaut&eacute; privil&eacute;gi&eacute;e face &agrave; une communaut&eacute; marginalis&eacute;e. Les politiques racialistes du colon belge en faveur des Hema au d&eacute;triment des Lendu ont accentu&eacute; le clivage. Peuple traditionnellement pastoral, les hema ont eu un acc&egrave;s privil&eacute;gi&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;ducation, aux faveurs du colon belge et&nbsp; des missions catholiques et au b&eacute;n&eacute;fice de la za&iuml;rianisation de 1973. Traditionnellement agriculteurs, les lendu ont eu un acc&egrave;s tardif &agrave; l&rsquo;&eacute;ducation, ont &eacute;t&eacute; tr&egrave;s peu &eacute;vang&eacute;lis&eacute;s (et quand ils l&rsquo;ont &eacute;t&eacute;, c&rsquo;&eacute;tait par des missions protestantes moins dot&eacute;es que les catholiques). R&eacute;sultat&nbsp;: depuis plusieurs d&eacute;cennies &ndash; surtout apr&egrave;s la za&iuml;rianisation &ndash; <strong>l<a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-afrique-contemporaine-2005-3-page-129.htm\">es Hema<\/a><\/strong> sont surrepr&eacute;sent&eacute;s dans l&rsquo;administration publique, dans le clerg&eacute; catholique, dans l&rsquo;administration territoriale locale, ou dans l&rsquo;enseignement et les entreprises comme SOKIMO et SOCITURI au regard de <a href=\"https:\/\/www.eca-creac.eu\/sites\/default\/files\/pdf\/2019_-_01_-_a._bezares_calderon_p._englebert_-_tribulations_tribales_estimations_demographiques_commentees_des_ethnies_congolaises_par_nouvelles_provinces.pdf\"><strong>leur poids d&eacute;mographique<\/strong><\/a> (moins de 3% de la population de l&rsquo;Ituri, contre 25% pour les Lendu).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">L&rsquo;antagonisme a &eacute;t&eacute; exacerb&eacute; sous l&rsquo;occupation ougandaise &agrave; partir de 1999. Les dirigeants militaires ougandais ont d&rsquo;abord &eacute;rig&eacute; l&rsquo;Ituri en entit&eacute; provinciale s&eacute;par&eacute;e et autonome vis-&agrave;-vis du reste de la province Orientale et nomm&eacute; &agrave; sa t&ecirc;te une notable hema, Ad&egrave;le Lotshove. Ils ont ensuite pr&ecirc;t&eacute; leur concours, y compris en hommes arm&eacute;s, aux riches propri&eacute;taires terriens hema quand ceux-ci ont entrepris d&rsquo;exproprier les agriculteurs lendu pour &eacute;tendre les limites de leurs fermes qui pour la plupart avaient appartenu aux colons blancs, et qu&rsquo;ils ont acquis lors de la za&iuml;rianisation. Des lendu ont r&eacute;agi par la formation de milices arm&eacute;es pour prot&eacute;ger leurs terres. Ces milices ont &eacute;t&eacute; plus tard organis&eacute;es autour du FRPI (Front de r&eacute;sistance patriotique de l&rsquo;Ituri) et du FNI (Front des nationalistes int&eacute;grationnistes). FRPI et FNI sont d&rsquo;une certaine mani&egrave;re les pr&eacute;curseurs de la Codeco (Coop&eacute;rative pour le d&eacute;veloppement &eacute;conomique au Congo), le groupe arm&eacute; le plus violent en Ituri avec lequel ils partagent certaines <strong><a href=\"https:\/\/www.grip.org\/la-codeco-au-coeur-de-linsecurite-en-ituri\/\">revendications<\/a><\/strong>. Comme c&rsquo;&eacute;tait le cas avec le FRPI\/FNI, nombre de leaders communautaires lendu consid&egrave;rent le combat de la Codeco comme une &laquo;&nbsp;<em>r&eacute;volution populaire<\/em>&nbsp;&raquo; dont les objectifs sont de recouvrer les terres lendu, redonner sa dignit&eacute; au peuple lendu et, secondairement, contester aux hema leur supr&eacute;matie &eacute;conomique y compris en leur d&eacute;niant le contr&ocirc;le des mines d&rsquo;or.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\"><strong>&laquo;&nbsp;<em>Ituri aux ituriens&nbsp;<\/em>&raquo;<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Apr&egrave;s la premi&egrave;re guerre entre les arm&eacute;es ougandaise et rwandaise d&rsquo;ao&ucirc;t 1999 qui a consacr&eacute; une influence croissante du Rwanda &agrave; Kisangani, le RCD\/K-ML a d&eacute;plac&eacute; son QG vers Bunia. Ce groupe rebelle avait alors trois principaux dirigeants&nbsp;: le pr&eacute;sident Ernest Wamba, le &lsquo;premier ministre&rsquo; Mbusa Nyamwisi et le &lsquo;ministre des Finances&rsquo; John Tibasiima. Le professeur Wamba &eacute;tait un universitaire originaire du Kongo Central, Mbusa un Nande du territoire voisin de Beni et Tibasiima un riche fermier et politicien appartenant &agrave; la notabilit&eacute; locale Hema. Les incessantes intrigues entre les trois personnalit&eacute;s, souvent <a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/report\/2001\/03\/01\/uganda-eastern-drc\/fueling-politcal-and-ethnic-strife\"><strong>suscit&eacute;es<\/strong><\/a> par leurs parrains ougandais, aboutirent d&rsquo;abord &agrave; l&rsquo;&eacute;viction de Wamba par les deux &laquo;&nbsp;locaux&nbsp;&raquo;. Entre les deux, cependant, naquit vite une comp&eacute;tition encore plus meurtri&egrave;re. Chacun cherchant &agrave; s&rsquo;assurer de la pr&eacute;dominance sur l&rsquo;autre en recrutant massivement dans son groupe ethnique. Tibasima avait un avantage&nbsp;: le QG du mouvement &eacute;tait dans son fief et Thomas Lubanga, &lsquo;ministre de la D&eacute;fense&rsquo; du RCD\/K-ML, &eacute;tait un hema comme lui, comme l&rsquo;&eacute;taient Kahwa Pandra Mango et d&rsquo;autres personnalit&eacute;s importantes de la direction politique du mouvement. Pour contrebalancer cet avantage, Mbusa entreprit de coopter des personnalit&eacute;s lendu dans la direction politique du RCD\/K-ML et &agrave; recruter des combattants lendu.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">&Eacute;tablie de <a href=\"https:\/\/dpl.pole-institute.org\/index.php\/publication\/mobilite-des-populations-de-culture-nande-en-territoire-de-mambasa\"><strong>longue date<\/strong><\/a> en Ituri (particuli&egrave;rement dans les territoires de Mambasa et Irumu), la communaut&eacute; nande &eacute;tait <a href=\"http:\/\/lemillenaireinfoplus.e-monsite.com\/pages\/economie-finances\/l-ituri-accuse-le-nord-kivu.html\"><strong>active<\/strong><\/a> dans les affaires et ses membres &eacute;taient au moins aussi bien &eacute;duqu&eacute;s que les hema. L&rsquo;alliance naissante nande-lendu &eacute;tait donc d&rsquo;autant plus mal accueillie par l&rsquo;&eacute;lite hema qu&rsquo;elle mena&ccedil;ait de renforcer l&rsquo;influence des &laquo;&nbsp;<em>&eacute;trangers<\/em>&nbsp;&raquo; nande. Sous le slogan &laquo;&nbsp;<em>Ituri aux ituriens&nbsp;<\/em>&raquo;, les trois principaux dirigeants hema du RCD\/K-ML (John Tibasima, Thomas Lubanga et un chef coutumier, Kahwa Panga Mandro) ont cr&eacute;&eacute; en ao&ucirc;t 2002 un groupe arm&eacute; dissident, l&rsquo;UPC (Union des patriotes congolais) pour combattre &agrave; la fois les milices lendu soutenues par Mbusa et l&rsquo;influence &laquo;&nbsp;&eacute;trang&egrave;re&nbsp;&raquo; nande en Ituri. Soutenue au d&eacute;but par l&rsquo;Ouganda, l&rsquo;UPC est pass&eacute;e plus tard sous l&rsquo;influence du Rwanda, ce qui a pouss&eacute; le chef Kahwa &ndash; discr&egrave;tement <strong><a href=\"https:\/\/www.hrw.org\/reports\/2003\/ituri0703\/DRC0703.pdf\">encourag&eacute;<\/a> <\/strong>par Kinshasa et Kampala &ndash; &agrave; cr&eacute;er une dissidence en 2003, le PUSIC (Parti pour l&rsquo;unit&eacute; et la sauvegarde de l&rsquo;int&eacute;grit&eacute; du Congo). La milice Front populaire d&rsquo;autod&eacute;fense en Ituri (FPAC-Zaire) peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme h&eacute;riti&egrave;re de l&rsquo;UPC et du PUSIC, bien qu&rsquo;elle ait r&eacute;duit ses ambitions &agrave; la seule d&eacute;fense des hema cibl&eacute;s par la &laquo;&nbsp;<em>r&eacute;volution populaire&nbsp;<\/em>&raquo; de Codeco.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\"><strong>Violence anti-syst&egrave;me<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Le Grand Nord a deux traits caract&eacute;ristiques qui le distinguent de l&rsquo;Ituri. (i)&nbsp;Sa population est quasiment mono-ethnique&nbsp;; &agrave; c&ocirc;t&eacute; des nande d&eacute;mographiquement dominants, il existe certes une demi-douzaine d&rsquo;autres groupes &ndash; dont certains autochtones du territoire de Beni, notamment les Mbuba, Talinga, Bila, Pakombe et P&egrave;re &ndash; mais le processus d&rsquo;assimilation que ces groupes ont progressivement subi est tel qu&rsquo;ils ne parlent quasiment plus que la langue des nande, ont souvent adopt&eacute; des noms nande. Des Nande dirigent m&ecirc;me certaines de leurs chefferies non sans remous. Mais la violence n&rsquo;y a pas de base ethnique &ndash; du moins pas de fa&ccedil;on aussi notable que dans l&rsquo;Ituri. <a href=\"https:\/\/core.ac.uk\/download\/pdf\/55810759.pdf\">(<strong>ii) L&rsquo;&eacute;conomie de contrebande<\/strong><\/a>, bas&eacute;e sur l&rsquo;exploitation du caf&eacute;, du cacao et de l&rsquo;or, y est tr&egrave;s ancienne et dominante, nourrie par l&rsquo;absence d&rsquo;entreprises d&rsquo;&Eacute;tat avant et apr&egrave;s l&rsquo;ind&eacute;pendance (ni grandes exploitations agricoles, ni soci&eacute;t&eacute;s mini&egrave;res, ni unit&eacute;s de transformation en d&eacute;pit d&rsquo;importantes potentialit&eacute;s). Voulant contr&ocirc;ler les r&eacute;seaux de criminalit&eacute; transfrontali&egrave;re qu&rsquo;une telle &eacute;conomie g&eacute;n&egrave;re forc&eacute;ment, l&rsquo;&Eacute;tat y a impos&eacute; une pr&eacute;sence plut&ocirc;t r&eacute;pressive &ndash; en marge de la pr&eacute;sence d&rsquo;un contingent des FAZ d&eacute;ploy&eacute; depuis la moiti&eacute; des ann&eacute;es 1980 pour emp&ecirc;cher un d&eacute;bordement de la guerre civile ougandaise, ont prolif&eacute;r&eacute; de nombreux services occup&eacute;s &agrave; ponctionner les ressources des citoyens.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">La perception de l&rsquo;&Eacute;tat comme &eacute;l&eacute;ment perturbateur a engendr&eacute; vis-&agrave;-vis de l&rsquo;autorit&eacute; &eacute;tatique un fort ressentiment qui a<strong> <a href=\"https:\/\/www.gicnetwork.be\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/2022-ILS-Lubero-FR-1.pdf\">contribu&eacute;<\/a> <\/strong>&agrave; l&rsquo;av&egrave;nement des mai-mai Kasindiens, un des plus vieux groupes arm&eacute;s de la r&eacute;gion, cr&eacute;&eacute; au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990 pour prot&eacute;ger les r&eacute;seaux de trafic transfrontalier de caf&eacute; et d&rsquo;or de la pr&eacute;dation des FAZ et des autres services de l&rsquo;Etat. Ce sentiment de rejet de l&rsquo;Etat explique la complaisance avec laquelle les Kasindiens et des membres de la notabilit&eacute; locale ont accueilli et longtemps collabor&eacute; avec le mouvement ADF-NALU, une coalition form&eacute;e &agrave; Beni en 1995 entre deux groupes rebelles ougandais. Plus tard, sous l&rsquo;occupation ougandaise (1998-2002), les groupes arm&eacute;s locaux attaquaient les UPDF et APC plus fr&eacute;quemment qu&rsquo;ils ne s&rsquo;attaquaient entre eux. Au cours d&rsquo;une <a href=\"https:\/\/www.amnesty.org\/es\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/afr620122001en.pdf\"><strong>attaque<\/strong><\/a> particuli&egrave;rement brutale en novembre 1999 &agrave; Beni ils ont r&eacute;ussi &agrave; capturer un officier respect&eacute; des UPDF et v&eacute;t&eacute;ran de la <em>bush war<\/em>, le colonel Reuben Ikondere, qu&rsquo;ils ont tu&eacute; avant de mutiler son corps. Apr&egrave;s la r&eacute;unification du pays, les Renseignements militaires ont souvent accus&eacute; les groupes arm&eacute;s locaux d&rsquo;&ecirc;tre d&rsquo;intelligence avec les ADF pour saboter les op&eacute;rations militaires des FARDC.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\"><strong>Effets sur les tentatives pass&eacute;es de r&eacute;solution des conflits<\/strong><\/h5>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Les dynamiques de conflit sp&eacute;cifiques &agrave; l&rsquo;Ituri et le Grand Nord telles que d&eacute;crites ci-haut ont largement d&eacute;termin&eacute; la nature et le succ&egrave;s des processus de paix mis en place dans chacune de ces entit&eacute;s. Alors qu&rsquo;en Ituri les processus de paix visaient avant tout &agrave; recr&eacute;er la confiance entre communaut&eacute;s, dans le Grand Nord il s&rsquo;agissait surtout de susciter la confiance de la communaut&eacute; vis-&agrave;-vis de l&rsquo;&Eacute;tat et d&eacute;courager la collaboration avec les groupes arm&eacute;s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">La diff&eacute;rence entre les deux approches ne pouvait &ecirc;tre mieux illustr&eacute;e qu&rsquo;&agrave; travers les processus de paix mis en place le lendemain du Dialogue intercongolais. En Ituri, les efforts de paix ont consist&eacute; en un processus visant &agrave; identifier les causes profondes du conflit et impliquant des m&eacute;canismes de pardon, de r&eacute;paration et de pr&eacute;vention. Ces efforts &eacute;taient conduits dans le cadre de la Commission de Pacification de l&rsquo;Ituri (CPI), une structure <a href=\"https:\/\/africacenter.org\/fr\/spotlight\/ituri-devient-la-derniere-poudriere-du-congo\/\">i<\/a><strong><a href=\"https:\/\/africacenter.org\/fr\/spotlight\/ituri-devient-la-derniere-poudriere-du-congo\/\">nclusive<\/a> <\/strong>dans laquelle toutes les parties prenantes &eacute;taient impliqu&eacute;es. Gr&acirc;ce &agrave; une approche de bas en haut, la CPI a fait reposer tout le travail sur les efforts des repr&eacute;sentants des parties prenantes (groupes arm&eacute;s, chefs coutumiers, leaders d&rsquo;opinion), le gouvernement et la Monuc intervenant seulement en aval comme points de validation ou de soutien.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">A l&rsquo;oppos&eacute;, les efforts de pacification de Beni conduits au m&ecirc;me moment par le gouvernement et la Monuc ont suivi une approche plut&ocirc;t comminatoire visant &agrave; obtenir que les communaut&eacute;s locales se d&eacute;solidarisent des groupes arm&eacute;s. Par exemple, au cours d&rsquo;une r&eacute;union tenue &agrave; Beni d&eacute;but septembre 2005 avec les chefs coutumiers, les repr&eacute;sentants de la soci&eacute;t&eacute; civile et les responsables &eacute;conomiques locaux, une d&eacute;l&eacute;gation mixte gouvernement\/Monuc a <a href=\"https:\/\/reliefweb.int\/report\/democratic-republic-congo\/rdc-william-swing-%C3%A0-beni-pour-r%C3%A9gler-la-question-des-adf-nalu\"><strong>demand&eacute;<\/strong><\/a> &agrave; ces repr&eacute;sentants de cesser de collaborer avec les ADF sous peine de &laquo; poursuites p&eacute;nales pour collaboration avec l&rsquo;ennemi. &raquo; La d&eacute;l&eacute;gation &eacute;tait conduite par lechef de la Monuc William Swing et compos&eacute;e du ministre de la Coop&eacute;ration r&eacute;gionale Mbusa Nyamwisi et du Conseiller sp&eacute;cial du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique en mati&egrave;re de s&eacute;curit&eacute; Samba Kaputo.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Les dynamiques de conflit en Ituri et dans le Grand Nord ont subi d&rsquo;importants bouleversements avec le temps, en particulier depuis 2019. Dans le Grand-Nord, les rapports civils-militaires se sont l&eacute;g&egrave;rement<strong> <a href=\"https:\/\/www.radiomoto.net\/2023\/10\/06\/beni-ladministrateur-militaire-dement-lexistence-des-wazalendo\/\">am&eacute;lior&eacute;s<\/a><\/strong> et l&rsquo;op&eacute;ration conjointe FARDC-UPDF contre les ADF jouit d&rsquo;un <strong><a href=\"https:\/\/radioelimu.uor-rdc.net\/beni-la-societe-civile-de-bulongo-salue-le-calme-qui-caracterise-cette-commune-et-ses-environs-grace-aux-efforts-de-la-coalition-fardc-updf\/#page-content;%20%20https:\/\/oceans24.cd\/nord-kivu-la-societe-civile-de-beni-plaide-pour-lextension-des-operations-shujaa-a-la-partie-ouest-de-la-rn4-declaration\/\">soutien<\/a> <\/strong>relativement important des communaut&eacute;s locales. En Ituri ils se sont <strong><a href=\"https:\/\/www.crisisgroup.org\/fr\/africa\/central-africa\/democratic-republic-congo\/292-republique-democratique-du-congo-en-finir-avec-la-violence-cyclique-en-ituri\">d&eacute;t&eacute;rior&eacute;s<\/a> <\/strong>par l&rsquo;effet conjugu&eacute; des attaques arm&eacute;es des milices contre les FARDC et des soup&ccedil;ons de complicit&eacute; de la part de la population civile. L&rsquo;h&eacute;ritage de l&rsquo;histoire, tel que bri&egrave;vement expos&eacute; ci-dessus, a n&eacute;anmoins continu&eacute; de jeter son ombre sur les efforts successifs de pacification. Un des points de diff&eacute;rence entre les deux entit&eacute;s se situe au niveau de l&rsquo;implication des autorit&eacute;s provinciales et territoriales dans les processus de paix. Autant cette implication a &eacute;t&eacute; active en Ituri, autant elle est rest&eacute;e minimale, voire inexistante au Grand Nord.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">En Ituri, les autorit&eacute;s provinciales ont multipli&eacute; des initiatives de paix &agrave; la suite de la s&eacute;rie d&rsquo;attaques et contre-attaques de d&eacute;cembre 2017 entre Hema et Lendu. Le 29 d&eacute;cembre 2017, par exemple, le gouverneur de la province a organis&eacute; une rencontre &agrave; Fataki &agrave; laquelle il a appel&eacute; les repr&eacute;sentants des deux communaut&eacute;s. Le 5 janvier 2018, c&rsquo;&eacute;tait au tour de l&rsquo;administrateur du territoire de Djugu de convoquer une r&eacute;union de s&eacute;curit&eacute; &agrave; Blukwa. &Agrave; ces rencontres, les chefs coutumiers des deux groupes ont &eacute;t&eacute;<strong> <a href=\"https:\/\/www.ohchr.org\/sites\/default\/files\/Documents\/Countries\/RDC\/RDCRapportpublicDjugu.pdf\">encourag&eacute;s<\/a> <\/strong>&agrave; identifier et livrer &agrave; la justice tous les jeunes impliqu&eacute;s dans les attaques.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Dans le Grand Nord cependant, le d&eacute;but des attaques meurtri&egrave;res des ADF en 2014 a suscit&eacute; entre leaders religieux, politiques, chefs coutumiers et repr&eacute;sentants de la soci&eacute;t&eacute; civile des sentiments d&rsquo;acrimonie et de m&eacute;fiance peu favorables &agrave; un processus de paix. La rivalit&eacute; politique entre Mbusa Nyamwisi (ancien ministre pass&eacute; dans l&rsquo;opposition au pr&eacute;sident Kabila) et Julien Paluku (gouverneur de la province) &ndash;&nbsp; tous deux originaires du Grand Nord &ndash; a entra&icirc;n&eacute; au sein des leaders communautaires une bipolarisation paralysante, les uns soup&ccedil;onnant les autres de <strong><a href=\"https:\/\/www.radiookapi.net\/actualite\/2014\/11\/16\/nord-kivu-julien-paluku-accuse-mbusa-nyamwisi-de-preparer-une-nouvelle-rebellion\">complicit&eacute;<\/a> <\/strong>avec les groupes arm&eacute;s. Quand un dialogue de paix a finalement &eacute;t&eacute; organis&eacute; en d&eacute;cembre 2014 par l&rsquo;Initiative pour un leadership (ILC) coh&eacute;sif, les participants n&rsquo;ont fourni aucun effort pour stigmatiser les acteurs locaux de la violence. Ils ont <a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/pulse\/declaration-finale-du-dialogue-social-de-beni-2014-diaku-dianzenza\"><strong>insist&eacute;<\/strong><\/a> sur le fait que les ADF, &laquo;&nbsp;<em>avec une certaine complicit&eacute; des pays voisins&nbsp;<\/em>&raquo;, &eacute;taient l&rsquo;ennemi, et que toute implication locale &eacute;tait le fait de &laquo;&nbsp;f<em>ils &eacute;gar&eacute;s que l&rsquo;ennemi a souvent r&eacute;ussi &agrave; gagner &agrave; sa cause criminelle.&nbsp;&raquo;&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Cette posture de d&eacute;ni constitue un terreau favorable au d&eacute;veloppement de <strong><a href=\"https:\/\/fr.igihe.com\/beni-le-dialogue-en-panne-persistance-d-une.html\">sujets tabous<\/a> <\/strong>qui&nbsp; compliquent la t&acirc;che des acteurs impliqu&eacute;s dans les processus de paix. Parmi les moteurs de conflit qui re&ccedil;oivent tr&egrave;s peu d&rsquo;attention on peut citer : <\/p>\n\n\n\n<ul class=\"is-core-list-block\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">\n<li class=\"is-core-list-item-block\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">les conflits de terre n&eacute;s de la cohabitation parfois difficile entre Nande et minorit&eacute;s autochtones &agrave; Beni et leur lien possible avec les ADF&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li class=\"is-core-list-item-block\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">les liens possibles entre r&eacute;seaux de contrebande (or, caf&eacute;, grumes, cacao) et groupes arm&eacute;s&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li class=\"is-core-list-item-block\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">le r&ocirc;le des autorit&eacute;s coutumi&egrave;res, leur lien possible avec les groupes arm&eacute;es, etc.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Ils devraient faire l&rsquo;objet de recherches plus approfondies &agrave; l&rsquo;avenir.<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&Agrave; premi&egrave;re vue, l&rsquo;Ituri et le Grand Nord sont affect&eacute;s par des dynamiques de violence diff&eacute;rentes qui devraient &ecirc;tre &eacute;tudi&eacute;es s&eacute;par&eacute;ment. Une analyse plus minutieuse des conflits sur les deux&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":14588,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[31],"tags":[57,262,421,314,73,479],"acf":[],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14586"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14586"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14586\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/14588"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14586"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14586"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14586"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}