{"id":4226,"date":"2015-06-23T14:13:57","date_gmt":"2015-06-23T14:13:57","guid":{"rendered":"http:\/\/dev.yolandagranados.com\/crg\/jean-kenge-incertitudes-autour-du-processus-electoral-2-2\/"},"modified":"2015-11-20T02:56:16","modified_gmt":"2015-11-20T02:56:16","slug":"jean-kenge-incertitudes-autour-du-processus-electoral-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/2015\/06\/23\/jean-kenge-incertitudes-autour-du-processus-electoral-2\/","title":{"rendered":"Incertitudes autour du processus \u00e9lectoral"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Les derni&egrave;res nouvelles en R&eacute;publique D&eacute;mocratique du Congo ne sont pas toujours aussi bonnes que le calme apparent qui y r&egrave;gne le laisserait croire. En effet, les &eacute;v&eacute;nements se sont brusquement acc&eacute;l&eacute;r&eacute;s, comme s&rsquo;ils voulaient &eacute;chapper &agrave; tout contr&ocirc;le, au point que les observateurs s&rsquo;interrogent sur ce que r&eacute;serve la suite dans une configuration o&ugrave; tous les acteurs semblent d&eacute;termin&eacute;s &agrave; jouer leur va-tout.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jeudi 11 juin, Joseph Kabila venait de recevoir au Palais de la Nation une d&eacute;l&eacute;gation des ambassadeurs accr&eacute;dit&eacute;s &agrave; Kinshasa dans le cadre des consultations qu&rsquo;il avait entam&eacute;es d&eacute;but juin sur l&rsquo;organisation du dialogue politique et d&rsquo;instruire les gouverneurs de provinces de poursuivre le travail en provinces. Coup de tonnerre deux jours apr&egrave;s, samedi 13 juin, avec le renvoi par l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale du projet de loi portant r&eacute;partition des si&egrave;ges par circonscription &eacute;lectorale pour les &eacute;lections municipales et locales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce projet comporte &laquo;des probl&egrave;mes qui doivent n&eacute;cessairement &ecirc;tre r&eacute;gl&eacute;s&raquo;, a indiqu&eacute; Aubin Minaku, pr&eacute;sident de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale. De nombreux d&eacute;put&eacute;s nationaux ont en outre d&eacute;nonc&eacute; des tentatives de fraude dans la r&eacute;partition des si&egrave;ges, expliquant que plusieurs groupements et secteurs pr&eacute;vus dans le projet sont soit inexistants soit objet de contentieux majeurs. D&rsquo;autres ont fait allusion au recensement &eacute;lectoral de 2004 et &agrave; son actualisation en 2011 pour fustiger le manque de coh&eacute;rence entre les chiffres contenus dans le projet de loi et la r&eacute;alit&eacute; sur le terrain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&laquo; Comment vous pouvez comprendre que vous ayez des secteurs ou vous n&rsquo;avez pas de groupements et des groupements ou vous n&rsquo;avez pas de village. Et par dessus tout, il y avait dans cette loi des groupements o&ugrave; il y avait z&eacute;ro &eacute;lecteur &agrave; qui on avait attribu&eacute; un si&egrave;ge&raquo;, s&rsquo;est insurg&eacute; pour sa part le d&eacute;put&eacute; de l&rsquo;opposition Delly Sessanga.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un autre pays, un &eacute;chec aussi majeur aurait pouss&eacute; le gouvernement &agrave; admettre sa responsabilit&eacute;. Notamment pour avoir cr&eacute;&eacute; des nouvelles communes en 2012 et 2013, bien au-del&agrave; du dernier enr&ocirc;lement des &eacute;lecteurs, rendant ainsi encore plus d&eacute;licate la probl&eacute;matique de la r&eacute;partition des si&egrave;ges.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le calendrier &laquo;all&eacute;g&eacute;&raquo;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rejet du projet de loi sur la r&eacute;partition des si&egrave;ges par l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale n&rsquo;a pas outre mesure surpris les observateurs de la vie politique congolaise. La majorit&eacute; elle-m&ecirc;me &eacute;tait divis&eacute;e sur la question. Des sources proches du gouvernement ont ainsi indiqu&eacute; que le ministre PPRD en charge de la d&eacute;centralisation a en vain alert&eacute; son coll&egrave;gue de l&rsquo;Int&eacute;rieur sur les incoh&eacute;rences du texte tout en plaidant en faveur d&rsquo;une plus grande harmonisation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On pourrait craindre que l&rsquo;effet de ce d&eacute;veloppement soit que le calendrier &eacute;lectoral s&rsquo;en trouve consid&eacute;rablement boulevers&eacute;. D&eacute;put&eacute; de la majorit&eacute;, Thomas Lokondo le d&eacute;plore am&egrave;rement : &laquo;c&rsquo;est une mani&egrave;re de faire voir aux gens aussi que la volont&eacute; politique n&rsquo;y &eacute;tait pas. On ne peut pas nous pr&eacute;senter une loi aussi importante en retard comme &ccedil;a. Ajouter &agrave; cela, l&rsquo;&eacute;pineux probl&egrave;me financier, il est &eacute;vident que les &eacute;lections seront report&eacute;es pour 2017&raquo;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce que le d&eacute;put&eacute; sous-entend, c&rsquo;est que le parlement est en principe en vacances pour trois mois. Difficile dans ces conditions, m&ecirc;me avec toute la bonne volont&eacute; du monde, de rattraper le retard sur le calendrier &eacute;lectoral, y compris apr&egrave;s une session extraordinaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En revanche, ce nouveau rebondissement pourrait servir de catalyseur au souhait de l&rsquo;opposition et de la soci&eacute;t&eacute; civile, comme aussi des principaux partenaires de la RDC, qui ont r&eacute;cemment plaid&eacute; en faveur du report des &eacute;lections locales, &agrave; la fois pour des raisons budg&eacute;taires mais aussi pour &eacute;viter que le trop plein des &eacute;lections ne soit la cause ou le pr&eacute;texte &agrave; un d&eacute;bordement sur le d&eacute;lai constitutionnel. Leader du RCD, Azarias Ruberwa Maniwa indiquait, au sortir de la consultation au Palais de la Nation avec Joseph Kabila, que la RDC ne serait pas en mesure d&rsquo;organiser les 7 &eacute;lections pr&eacute;vues par la Commission &eacute;lectorale nationale ind&eacute;pendante (Ceni) en une ann&eacute;e : &laquo;Raisonnablement, il n&rsquo;est pas possible de tenir un tel cycle &eacute;lectoral. D&rsquo;abord par rapport au facteur temps et budget, mais aussi par rapport aux tensions r&eacute;sultant de toutes ces &eacute;lections qui peuvent causer d&rsquo;&eacute;normes crises&raquo;. M&ecirc;me tonalit&eacute; chez le d&eacute;put&eacute; Ne Mwanda Nsemi, leader du parti Congo Pax (Opposition) : &laquo;Nous voulons aller aux &eacute;lections et nous ne sommes m&ecirc;me pas pr&ecirc;ts &agrave; pr&eacute;senter le fichier &eacute;lectoral &agrave; ceux qui en ont besoin. La suite c&rsquo;est laquelle ? C&rsquo;est que les &eacute;lections sont une aventure et moi je ne suis pas pr&ecirc;t &agrave; m&rsquo;engager dans une aventure&raquo;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bref, il est permis de penser, &agrave; ce stade, que ce n&rsquo;est pas cette ann&eacute;e que les Congolais &eacute;liront leurs conseillers de groupements, leurs conseillers municipaux et urbains, moins encore, si l&rsquo;on n&rsquo;y prend garde, leurs d&eacute;put&eacute;s provinciaux. Du coup, ce n&rsquo;est pas non plus l&rsquo;ann&eacute;e prochaine que les Congolais pourraient avoir leurs nouveaux bourgmestres, maires, gouverneurs et s&eacute;nateurs. En revanche, cet &laquo;all&eacute;gement&raquo; non d&eacute;sir&eacute; du calendrier &eacute;lectoral permettrait &agrave; la CENI ainsi qu&rsquo;&agrave; toute la classe politique de se concentrer sur les l&eacute;gislatives nationales et la pr&eacute;sidentielle de l&rsquo;ann&eacute;e prochaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Incertitudes autour du processus &eacute;lectoral<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Face &agrave; une situation pour le moins in&eacute;dite, la r&eacute;action de la CENI &eacute;tait presque path&eacute;tique dans la bouche de son rapporteur Jean Pierre Kalamba. &laquo;La Ceni avait conditionn&eacute; le lancement de l&rsquo;inscription des candidats aux &eacute;lections municipales et locales &agrave; l&rsquo;adoption et la promulgation de cette loi. Si c&rsquo;est une d&eacute;cision remise, la CENI attend, il n&rsquo;y a pas de probl&egrave;me. Comme moi, tout le monde a suivi que le pr&eacute;sident de l&rsquo;Assembl&eacute;e pr&eacute;conisait une session extraordinaire. Il peut avoir 30 jours ou 15 jours. Une affaire de 30 jours tout au plus, la CENI attend, il n&rsquo;y a pas mort d&rsquo;homme pour &ccedil;a&raquo;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus facile &agrave; dire qu&rsquo;&agrave; r&eacute;aliser. Le minist&egrave;re de l&rsquo;int&eacute;rieur ne poss&egrave;de tout simplement pas les donn&eacute;es n&eacute;cessaires pour faire une r&eacute;partition correcte des si&egrave;ges, &agrave; cause du non-enr&ocirc;lement des nouveaux majeurs, les lacunes du dernier enr&ocirc;lement de 2011, et la cr&eacute;ation ult&eacute;rieure des nouvelles communes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et m&ecirc;me si un consensus semble &eacute;merger autour d&rsquo;un report des &eacute;lections locales, on est toujours loin de savoir de quelle mani&egrave;re ce consensus pourrait se manifester. L&rsquo;opposition semble en effet &eacute;voluer vers un rejet d&eacute;finitif du dialogue propos&eacute; par Kabila, alors que la r&eacute;union tripartite avec la CENI du mardi 23 juin aurait engendr&eacute; encore plus de discorde au sein de la classe politique. En plus, le report des &eacute;lections locales ne r&eacute;soudrait toujours pas le probl&egrave;me de fond concernant la viabilit&eacute; de la nouvelle administration locale, qui risque de rajouter &agrave; la cacophonie et &agrave; la conflictualit&eacute; latente. Des conflits qui viendraient se greffer sur l&rsquo;impossible cohabitation qui se dessine entre les administrateurs de territoires par exemple, les bourgmestres des communes rurales et les chefs de secteurs dont certains groupements seraient incorpor&eacute;s dans les communes rurales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La tentation du forcing<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plus que jamais, la RDC aborde la zone des turbulences. D&rsquo;autant qu&rsquo;aux derni&egrave;res nouvelles, c&rsquo;est l&rsquo;hypoth&egrave;se d&rsquo;une session extraordinaire du parlement qui serait privil&eacute;gi&eacute;e, quand bien m&ecirc;me il est &eacute;vident que celle-ci n&rsquo;offrira aucune r&eacute;ponse concr&egrave;te aux immenses d&eacute;fis financiers, techniques et logistiques auxquels la centrale &eacute;lectorale doit faire face. Alors que le gouvernement tra&icirc;ne toujours les pieds pour d&eacute;bloquer les fonds, les partenaires pour leur part ne se montrent pas plus enthousiastes &agrave; soutenir un processus &eacute;lectoral congolais dont ils critiquent le nombre des &eacute;lections (7) et la multiplicit&eacute; des contraintes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour le reste, selon plusieurs sources, les partisans du tout pour le tout seraient pr&ecirc;ts, lorsque les &eacute;v&eacute;nements donnent tant l&rsquo;impression de vouloir &eacute;chapper &agrave; leur contr&ocirc;le, &agrave; allumer s&rsquo;il le faut des foyers d&rsquo;incendie dans l&rsquo;espoir de jouer les pompiers le moment venu. Il n&rsquo;est pourtant pas s&ucirc;r qu&rsquo;ils ma&icirc;trisent le feu dans un sous-continent o&ugrave; les app&eacute;tits de pouvoir sont plus importants que l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. L&rsquo;incertitude se situe l&agrave;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean Kenge Mukengeshayi est le directeur adjoint d&rsquo;un nouveau projet de recherche sur la RD Congo, le Groupe d&rsquo;&Eacute;tude sur le Congo, bas&eacute; au Centre pour la Cooperation Internationale &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de New York. Il &eacute;crit un editorial hebdomadaire pour Congo Siasa.<br>\nPosted by Jason Stearns.<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les derni&egrave;res nouvelles en R&eacute;publique D&eacute;mocratique du Congo ne sont pas toujours aussi bonnes que le calme apparent qui y r&egrave;gne le laisserait croire. 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