{"id":5611,"date":"2016-02-11T21:52:01","date_gmt":"2016-02-11T21:52:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/comment-faire-sauter-les-blocages-artificiels-2\/"},"modified":"2016-03-25T14:52:51","modified_gmt":"2016-03-25T14:52:51","slug":"comment-faire-sauter-les-blocages-artificiels","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/2016\/02\/11\/comment-faire-sauter-les-blocages-artificiels\/","title":{"rendered":"Comment faire sauter les blocages artificiels"},"content":{"rendered":"<p>Dans une interview accord&eacute;e la semaine derni&egrave;re au Groupe d&rsquo;Etude sur le Congo (GEC), le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du PPRD, Henri Mova Sakanyi, souhaitait que la classe politique toutes tendances confondues, prenne des distances avec la &laquo;th&eacute;orie du fou&raquo;. Celle qui consiste &agrave; se faire peur, &agrave; se tirer mutuellement la barbichette &agrave; n&rsquo;en point finir.<\/p>\n<ol>\n<li>Sakanyi parle, bien s&ucirc;r, du dialogue politique annonc&eacute; depuis l&rsquo;ann&eacute;e pass&eacute;e par le gouvernement pour r&eacute;soudre la turbulence politique autour du processus &eacute;lectoral. Seulement voil&agrave;, son plaidoyer pro dialogue affronte une ant&eacute;riorit&eacute; des faits riches en v&eacute;cus, en traditions, en certitudes et en m&eacute;fiance, &agrave; cause d&rsquo;un pass&eacute; qui n&rsquo;a pas toujours &eacute;t&eacute; g&eacute;r&eacute; dans l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de tous. Et dont les Congolais paient aujourd&rsquo;hui, dans leur chair et leur sang, les cons&eacute;quences les plus dramatiques.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Au-del&agrave; des &eacute;gos, le discours politique congolais est en effet tr&egrave;s largement truff&eacute; d&rsquo;hypocrisie mais aussi de cynisme. Le dialogue n&rsquo;y para&icirc;t pas comme le lieu idoine d&rsquo;une indispensable catharsis collective, mais plut&ocirc;t comme un pi&egrave;ge mortel, dans lequel les plus malins ont vocation &agrave; dribbler sans &eacute;tat d&rsquo;&acirc;me les na&iuml;fs, quand les plus puissants n&rsquo;ont &agrave; la bouche que le langage de la force pour inoculer la peur et s&rsquo;imposer par la terreur.<\/p>\n<p>Mais le v&eacute;ritable drame r&eacute;side dans le fait que l&rsquo;impasse historique devant laquelle se trouve la majorit&eacute; n&rsquo;est jamais compens&eacute;e par la capacit&eacute;, vraie ou suppos&eacute;e, de l&rsquo;opposition &agrave; s&rsquo;organiser, &agrave; mobiliser par-del&agrave; ses querelles de clocher, mais aussi par son aptitude &agrave; offrir une alternative r&eacute;ellement cr&eacute;dible.<\/p>\n<p>Sans doute est-ce pour cela que l&rsquo;Udps, analysant &agrave; sa mani&egrave;re les faiblesses structurelles de cette opposition, y compris les siennes propres, dans son itin&eacute;raire historique comme dans son ancrage sociologique, s&rsquo;est-elle convaincue, au regard d&rsquo;un champ de man&oelig;uvre de plus en plus &eacute;troit, que cette opposition n&rsquo;a plus ni ressort intellectuel, ni ressources morales et politiques suffisantes pour imprimer une marche forc&eacute;e &agrave; un destin plus qu&rsquo;incertain. Le parti d&rsquo;Etienne Tshisekedi n&rsquo;exclut plus d&eacute;sormais le dialogue comme un mal n&eacute;cessaire face au risque d&rsquo;une instabilit&eacute; exponentielle. Quitte &agrave; l&rsquo;assortir des conditions qui ont, il faut l&rsquo;admettre, un m&eacute;rite&nbsp;incontestable : celui de mettre &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve la bonne foi de la majorit&eacute;.<\/p>\n<p>Aller au dialogue pieds et poings li&eacute;s, sans un engagement clair et pr&eacute;cis sur le respect du socle commun qu&rsquo;est la constitution eut &eacute;t&eacute; non seulement un non-sens, mais surtout un ch&egrave;que en blanc sign&eacute; en faveur du pr&eacute;sident Kabila et de la majorit&eacute;. Il reste cependant que tout le temps perdu dans la pol&eacute;mique rapproche les Congolais des &eacute;ch&eacute;ances et creuse davantage le foss&eacute; qui les s&eacute;pare.<\/p>\n<p>A l&rsquo;exemple de ce drame communautaire qui pointe de nouveau dans les Kivu. Apr&egrave;s les blessures inflig&eacute;es depuis fin 2014 &agrave; Beni et ses environs et, plus r&eacute;cemment, la trag&eacute;die de Miriki, Nande et Hutu, gr&acirc;ce &agrave; leurs tireurs de ficelles qui multiplient r&eacute;unions et conciliabules &agrave; Kinshasa, sont sur le sentier d&rsquo;un conflit aux cons&eacute;quences impr&eacute;visibles, au moment o&ugrave; des rumeurs persistantes indiquent que d&rsquo;anciens miliciens ont tendance &agrave; reprendre du service, et o&ugrave; dans Uvira surchauff&eacute; par l&rsquo;&eacute;vasion des prisonniers et des mouvements d&rsquo;infiltrations, la population se sent chaque jour en danger.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;entretien pr&eacute;cit&eacute; accord&eacute; au GEC, Henri Mova Sakanyi y d&eacute;plorait &agrave; juste titre que ceux qui ont obtenu des strapontins et des maroquins minist&eacute;riels gr&acirc;ce &agrave; la kalachnikov ne soient pas int&eacute;ress&eacute;s par un jeu d&eacute;mocratique qui r&eacute;duirait leur influence tant dans les salons de Kinshasa que localement.<\/p>\n<p>Il faut donc trancher, avant que quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre ait l&rsquo;id&eacute;e de le faire &agrave; la place des Congolais et que ces derniers aient de nouveau le sentiment qu&rsquo;ils ne seront jamais ma&icirc;tres ni de leur pays, ni de son destin. Sauf qu&rsquo;il y a ce blocage n&eacute; d&rsquo;un choix apparemment corn&eacute;lien, entre la tripartite majorit&eacute;-opposition-Ceni (plus la communaut&eacute; internationale) voulue par la frange la plus bruyante de l&rsquo;opposition, et le dialogue politique inclusif tel que propos&eacute; par le chef de l&rsquo;Etat. Un blocage qui ne devrait pourtant pas l&rsquo;&ecirc;tre. D&rsquo;abord parce qu&rsquo;il se fonde uniquement sur l&rsquo;ordre du jour apparent, personne n&rsquo;osant &eacute;voquer courageusement les questions qui f&acirc;chent relatives &agrave; la prolongation du mandat, &agrave; la possibilit&eacute; de faire sauter le verrou sur la dur&eacute;e et la limitation des mandats, aux garanties s&eacute;curitaires &eacute;ventuelles pour Joseph Kabila et ses proches. Ensuite, parce que d&rsquo;autres options sont disponibles, notamment celle consistant &agrave; mettre toutes les propositions dans un m&ecirc;me panier, son m&eacute;rite &eacute;tant &agrave; la fois de flatter les &eacute;gos mais aussi de prendre en compte les r&eacute;flexions de chacun.<\/p>\n<p>Premier acte&nbsp;de cette d&eacute;marche : organiser la fameuse tripartite sous le regard de la communaut&eacute; internationale et du facilitateur d&eacute;sign&eacute;. Ce qui permettrait de vider la question de l&rsquo;&eacute;ch&eacute;ancier de la r&eacute;vision du fichier &eacute;lectoral et d&rsquo;offrir &agrave; l&rsquo;ensemble des acteurs la m&ecirc;me grille de lecture du nouveau calendrier global et de ses contraintes.<\/p>\n<p>Deuxi&egrave;me acte&nbsp;: apr&egrave;s ent&eacute;rinement du nouveau calendrier global, se poserait la question, en cas de d&eacute;passement technique des d&eacute;lais, de la gestion de la p&eacute;riode &agrave; venir, posant du coup le dialogue comme une &eacute;vidence, une n&eacute;cessit&eacute; et une urgence pour tous.<\/p>\n<p>Troisi&egrave;me acte&nbsp;: le dialogue lui-m&ecirc;me qui conna&icirc;trait trois temps forts. D&rsquo;abord l&rsquo;engagement solennel de tous les acteurs sur l&rsquo;intangibilit&eacute; de la constitution. Ensuite, la question du statut, du format et des obligations de l&rsquo;&eacute;quipe en charge de la gestion de la p&eacute;riode post-dialogue apr&egrave;s avoir pris acte du cong&eacute; donn&eacute; &agrave; l&rsquo;assembl&eacute;e nationale et au s&eacute;nat en faveur d&rsquo;une l&eacute;gif&eacute;ration par d&eacute;cret limit&eacute;e aux objectifs de la p&eacute;riode de transition. Enfin, des discussions sur les garanties mutuelles de bonne fin ainsi que les garanties s&eacute;curitaires avec l&rsquo;appui de la communaut&eacute; internationale, assorties d&rsquo;un r&eacute;gime de sanctions contre toute personne, quelle que soit sa tendance politique, susceptible de menacer le processus, ou coupable de graves violations des droits de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p>Le 4 f&eacute;vrier 2016, le s&eacute;nateur am&eacute;ricain Edward J.Markey &eacute;crivait au secr&eacute;taire d&rsquo;Etat John Kerry pour lui faire part de sa pr&eacute;occupation sur la situation en RDC. Il &eacute;voquait l&rsquo;urgence d&rsquo;un message clair de la part de Joseph Kabila sur sa volont&eacute; de ne pas tenter de confisquer le pouvoir &agrave; l&rsquo;issue de son deuxi&egrave;me et dernier mandat&nbsp;; la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une plus grande implication de la communaut&eacute; internationale pour soutenir le processus &eacute;lectoral et les investissements priv&eacute;s&nbsp;; l&rsquo;adoption d&rsquo;un r&eacute;gime de sanctions cibl&eacute;es en cas d&rsquo;absence de progr&egrave;s notables sur la voie de l&rsquo;organisation des &eacute;lections.<\/p>\n<p>Le s&eacute;nateur am&eacute;ricain se faisait l&rsquo;&eacute;cho des pr&eacute;occupations exprim&eacute;es fin janvier par la Coalition de Plaidoyer pour le Congo. Pour celle-ci, si des initiatives courageuses et d&eacute;termin&eacute;es ne sont pas prises dans l&rsquo;urgence, la situation en RD Congo pourrait tr&egrave;s rapidement d&eacute;passer celle du Burundi et d&eacute;stabiliser toute la r&eacute;gion des grands lacs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans une interview accord&eacute;e la semaine derni&egrave;re au Groupe d&rsquo;Etude sur le Congo (GEC), le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du PPRD, Henri Mova Sakanyi, souhaitait que la classe politique toutes tendances confondues,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5609,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"footnotes":""},"categories":[31,41],"tags":[],"acf":[],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5611"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5611"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5611\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5609"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5611"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5611"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5611"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}