{"id":5957,"date":"2016-08-06T02:09:44","date_gmt":"2016-08-06T02:09:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/?p=5957"},"modified":"2016-08-06T02:09:44","modified_gmt":"2016-08-06T02:09:44","slug":"decentralisation-boshab-reconnait-les-erreurs-du-processus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/2016\/08\/06\/decentralisation-boshab-reconnait-les-erreurs-du-processus\/","title":{"rendered":"D\u00e9centralisation\u00a0: Boshab reconna\u00eet les erreurs du processus"},"content":{"rendered":"<p><em>&laquo;&nbsp;Une d&eacute;centralisation sans ressources n&rsquo;en est pas une. Ce processus conna&icirc;t beaucoup d&rsquo;erreurs et, en mati&egrave;re politique, l&rsquo;on arrive toujours &agrave; un gap entre l&rsquo;id&eacute;al et la r&eacute;alit&eacute;&nbsp;&raquo;.<\/em> Propos du Professeur Evariste Boshab, vice-premier ministre et ministre rdcongolais de l&rsquo;Int&eacute;rieur en r&eacute;action au jugement s&eacute;v&egrave;re formul&eacute; par les Professeurs Evariste Mabi et Emmanuel Kasongo &agrave; l&rsquo;occasion de la pr&eacute;sentation &agrave; Kinshasa des monographies des nouvelles provinces par le Mus&eacute;e royal de l&rsquo;Afrique centrale de Tervuren (Belgique).<\/p>\n<p>Effectif avec la nomination des commissaires sp&eacute;ciaux, puis l&rsquo;&eacute;lection des gouverneurs et vice-gouverneurs &agrave; la t&ecirc;te des nouvelles provinces, le d&eacute;coupage territorial a acc&eacute;l&eacute;r&eacute; la d&eacute;centralisation, faisant passer ainsi le nombre des provinces de 11 &agrave; 26. Cette r&eacute;forme territoriale a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une &eacute;tude de la part du Mus&eacute;e royal de l&rsquo;Afrique centrale de Tervuren (MRAC) en collaboration avec plusieurs institutions scientifiques congolaises, notamment le Centre d&rsquo;Etude Politique (CEP) de l&rsquo;Universit&eacute; de Kinshasa. Cette recherche &ndash; dont l&rsquo;objectif est de contribuer &agrave; la connaissance du pays pour la construction d&rsquo;un Etat congolais coh&eacute;rent devant assurer un d&eacute;veloppement ma&icirc;tris&eacute; &ndash; a abouti dans un premier temps &agrave; la publication des monographies des neuf provinces (Equateur, Bas-U&eacute;l&eacute;, Haut-U&eacute;l&eacute;, Tanganyka, Maniema, Kwango, Mongala, Sud-Ubangi et Kasai-Oriental) dont la pr&eacute;sentation a &eacute;t&eacute; faite ce 28 juillet &agrave; Kinshasa. Au travers des th&egrave;mes respectivement d&eacute;velopp&eacute;s pour la circonstance, &agrave; savoir <em>&laquo;&nbsp;L&rsquo;implication budg&eacute;taire du passage de 11 &agrave; 26 provinces&nbsp;&raquo;<\/em> et <em>&laquo;&nbsp;Nouvelles provinces, mais anciens d&eacute;fis&nbsp;: la d&eacute;centralisation &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve des r&eacute;alit&eacute;s locales&nbsp;<\/em>&raquo;, les Professeurs Evariste Mabi Mulumba et Emmanuel Kasongo Mugongo ont mis en &eacute;vidence les incoh&eacute;rences caract&eacute;risant ce processus.<\/p>\n<p>Le premier a relev&eacute; le d&eacute;ficit du cadre juridique, les faiblesses qui caract&eacute;risent la r&eacute;forme territoriale dont le cadre juridique est d&eacute;ficitaire. La difficult&eacute; des provinces &agrave; disposer de leur propre personnel, faute de cadre juridique appropri&eacute;, entache notamment le transfert des pouvoirs entre le gouvernement central et les provinces, voire les Entit&eacute;s Territoriales D&eacute;centralis&eacute;es (ETD). Le manque criant des ressources dont souffrent les nouvelles provinces complique non seulement l&rsquo;&eacute;quation de la r&eacute;trocession et le fonctionnement de la caisse de p&eacute;r&eacute;quation, mais donne &eacute;galement lieu &agrave; la non consolidation du budget de l&rsquo;Etat&nbsp;; les budgets des provinces n&rsquo;y &eacute;tant pas int&eacute;gr&eacute;s jusque-l&agrave;. Par ailleurs, la d&eacute;centralisation s&rsquo;est traduite par l&rsquo;alourdissement des charges de l&rsquo;Etat avec le nombre des provinces pass&eacute; de 11 &agrave; 26, entra&icirc;nant celui des ministres provinciaux de 110 &agrave; 260. Un accroissement des charges sans contrepartie en termes des ressources suppl&eacute;mentaires. Cette observation vaut &eacute;galement pour les Assembl&eacute;es provinciales et d&rsquo;autres services connexes. D&rsquo;autre part, Les programmes d&rsquo;investissements sont en porte-&agrave;-faux par rapport au Plan national d&rsquo;investissements. D&rsquo;o&ugrave; pour cet ancien premier ministre, il importe d&rsquo;adopter une ligne de conduite dans la prise des d&eacute;cisions.<\/p>\n<p>Pour le Professeur Emmanuel Kasongo, politologue, on est all&eacute; &agrave; la d&eacute;centralisation par respect &agrave; la constitution, alors que les d&eacute;fis &ndash; du reste anciens, persistent et constituent inexorablement un facteur d&rsquo;&eacute;chec. Il s&rsquo;agit, entre autres, de la faible capacit&eacute; extractive des ressources et de leur pr&eacute;carit&eacute; qui rendent hypoth&eacute;tique la r&eacute;trocession et mettent &agrave; rude &eacute;preuve le transfert des pouvoirs, du manque de volont&eacute; politique, de la v&eacute;tust&eacute; des m&eacute;canismes et des proc&eacute;dures, du gangst&eacute;risme fiscal, du gaspillage des maigres ressources, de la corruption, de la concussion, des d&eacute;tournements des deniers publics, de la libre administration ou de la double administration. Somme toute, la d&eacute;centralisation risque d&rsquo;&ecirc;tre un d&eacute;barras pour le gouvernement central, abandonnant ainsi &agrave; leur propre triste sort les nouvelles provinces et les ETD. Elle est un forcing des autorit&eacute;s nationales et un &eacute;colage pour les autorit&eacute;s locales, habitu&eacute;es au paternalisme, donc &agrave; la tradition de la centralisation.<\/p>\n<p>Les propos des deux Professeurs n&rsquo;ont pas laiss&eacute; indiff&eacute;rent leur coll&egrave;gue Evariste Boshab. Dans une sorte de fuite en avant, il a constat&eacute; avec les deux intervenants qu&rsquo;&nbsp;<em>&laquo;&nbsp;une d&eacute;centralisation sans ressources n&rsquo;en est pas une&nbsp;&raquo;<\/em>. Epinglant la difficult&eacute; quant &agrave; la capacit&eacute; contributive de chaque province dans la perspective de la r&eacute;trocession, il a pos&eacute; la question de savoir s&rsquo;il fallait au pr&eacute;alable doter les nouvelles provinces des infrastructures ad&eacute;quates ou avoir toutes les lois avant la r&eacute;forme. Soutenant qu&rsquo;en mati&egrave;re politique, il y a toujours un gap entre l&rsquo;id&eacute;al et la r&eacute;alit&eacute;, il a soulign&eacute;&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Dans ce processus, il y a beaucoup d&rsquo;erreurs. C&rsquo;est un apprentissage que l&rsquo;on doit continuer, y compris la population&nbsp;&raquo;<\/em>.<\/p>\n<p>Du coup, la d&eacute;claration du Professeur Boshab suscite une question&nbsp;: Quels sont les v&eacute;ritables mobiles qui ont pouss&eacute; le Gouvernement &agrave; acc&eacute;l&eacute;rer le processus de d&eacute;coupage territorial ? Plusieurs institutions internationales, voire nationales avaient, par leurs &eacute;tudes et rapports, tir&eacute; la sonnette d&rsquo;alarme&nbsp;en relevant l&rsquo;impr&eacute;paration et le manque de ressources caract&eacute;risant la r&eacute;forme. Ce que reconna&icirc;t en quelque sorte Henri Mova Sakanyi, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du PPRD, dans une interview au GEC&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Les r&eacute;formes engag&eacute;es par le gouvernement, en l&rsquo;occurrence celle marquant le passage des 11 &agrave; 26 provinces, en rajoute aux difficult&eacute;s (&hellip;)&nbsp;&raquo;<\/em>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour leur part, les chercheurs Manya Riche et Kris Berwouts soutiennent, d&rsquo;une part, que si le gouvernement clame le respect de la constitution, d&rsquo;autres hypoth&egrave;ses &eacute;voquent, cependant, des mobiles de conservation du pouvoir, mais aussi la volont&eacute; de limitation du poids de certains leaders politiques notamment dans l&rsquo;ancienne province du Katanga, &agrave; l&rsquo;instar de Moise Katumbi et Kyungu wa Kumwanza jug&eacute;s trop ind&eacute;pendants, trop influents ou encore susceptibles d&rsquo;&eacute;chapper &agrave; l&rsquo;autorit&eacute; de Joseph Kabila. Et de souligner d&rsquo;autre part: <em>&laquo;&nbsp;Ce red&eacute;coupage va red&eacute;finir l&rsquo;&eacute;quilibre des pouvoirs entre groupes ethniques et int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;conomiques et &ecirc;tre une source de tensions, de comp&eacute;tition et potentiellement de violence en diff&eacute;rents endroits. De la sorte, le Pr&eacute;sident Joseph Kabila pourrait invoquer des raisons s&eacute;curitaires pour repousser les &eacute;lections. En tant que chef de l&rsquo;&Eacute;tat, il pourrait ais&eacute;ment proclamer l&rsquo;Etat d&rsquo;urgence ou l&rsquo;Etat de si&egrave;ge afin de reporter temporairement le processus &eacute;lectoral&nbsp;&raquo;<\/em>.<\/p>\n<p>La d&eacute;centralisation jouissant d&rsquo;un soutien politique important, aucun conflit majeur n&rsquo;a &eacute;t&eacute; enregistr&eacute; jusque-l&agrave;. Mais, il reste que son acc&eacute;l&eacute;ration en 2015, alors que le pr&eacute;sident Joseph Kabila avait jou&eacute; au sursis en 2009 (voir discours sur l&rsquo;&eacute;tat de la nation du 07\/12\/2009), est politicienne, et ne repose pas sur la volont&eacute; de d&eacute;veloppement &agrave; la base.<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&laquo;&nbsp;Une d&eacute;centralisation sans ressources n&rsquo;en est pas une. Ce processus conna&icirc;t beaucoup d&rsquo;erreurs et, en mati&egrave;re politique, l&rsquo;on arrive toujours &agrave; un gap entre l&rsquo;id&eacute;al et la r&eacute;alit&eacute;&nbsp;&raquo;. 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