{"id":6083,"date":"2016-11-11T21:02:36","date_gmt":"2016-11-11T21:02:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/une-lecture-des-enjeux-politiques-de-la-rdc-a-partir-dun-sondage-dopinion-2\/"},"modified":"2016-11-11T21:09:17","modified_gmt":"2016-11-11T21:09:17","slug":"une-lecture-des-enjeux-politiques-de-la-rdc-a-partir-dun-sondage-dopinion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/2016\/11\/11\/une-lecture-des-enjeux-politiques-de-la-rdc-a-partir-dun-sondage-dopinion\/","title":{"rendered":"Une lecture des enjeux politiques de la RDC \u00e0 partir d&rsquo;un sondage d&rsquo;opinion"},"content":{"rendered":"<p><em>Cet article fait partie d&rsquo;une s&eacute;rie d&rsquo;essais qui commentent le <a href=\"\/?p=6043\">sondage<\/a> publi&eacute;&nbsp;par le Groupe d&rsquo;&eacute;tude sur le Congo (GEC) et le Bureau d&rsquo;&Eacute;tudes, de&nbsp;Recherches, et Consulting International (BERCI). Vous pouvez aussi t&eacute;l&eacute;charger cet article <a href=\"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/wp-content\/uploads\/2016\/11\/Sondage-GEC-Omasombo.pdf\">ici<\/a>.&nbsp;<\/em><\/p>\n<p>Par Jean Omasombo Tshonda<\/p>\n<p>Le <a href=\"\/?p=6043\">sondage<\/a> effectu&eacute; par le Groupe d&rsquo;&eacute;tudes sur le Congo (GEC) et le Bureau d&rsquo;&eacute;tudes, de recherches et de consulting international (BERCI) porte notamment sur le processus &eacute;lectoral en RDC et dans ce contexte sur les intentions de vote des futurs &eacute;lecteurs. Il fourni un aper&ccedil;u indispensable de l&rsquo;opinion populaire congolaise qui permet &agrave; mieux comprendre les dynamiques politiques en cours.<\/p>\n<p>Mais avant d&rsquo;aborder ce sujet, il convient de situer le contexte dans lequel se situe cette probl&eacute;matique. Car, en effet, un premier &eacute;l&eacute;ment qui caract&eacute;rise la classe politique congolaise est la rapidit&eacute; de la mutation du champ politique national. Ce qui p&egrave;se sur la port&eacute;e des r&eacute;sultats du sondage, comme les auteurs le signalent d&rsquo;ailleurs et l&rsquo;illustrent les sondages effectu&eacute;s pendant la campagne &eacute;lectorale de 2006. Ce va-et-vient des acteurs politiques non seulement modifie et d&eacute;stabilise les jeux de forces sur la sc&egrave;ne politique mais en outre mine la confiance de la population envers la classe politique. Ainsi, par exemple, Vital Kamerhe fut dans un premier temps co-fondateur du PPRD et son premier secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral. En 2006 il devint pr&eacute;sident de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale mais en 2009, suite &agrave; un diff&eacute;rend avec Kabila, il fut d&eacute;mis de ses fonctions et exclu du PPRD. Il entra alors dans l&rsquo;opposition et cr&eacute;a son parti UNC. En f&eacute;vrier 2016, Mo&iuml;se Katumbi, &Eacute;tienne Tshisekedi et lui se constitu&egrave;rent en front commun. Le 5 mai, Katumbi ayant annonc&eacute; sa candidature &agrave; la pr&eacute;sidence sans avoir re&ccedil;u son accord, le trio se rompit et Kamerhe se retrancha dans son camp mais demeura dans l&rsquo;opposition. Et lorsque le dialogue voulu par Joseph Kabila fut mis sur pied, il prit l&rsquo;option d&rsquo;y participer et se s&eacute;para ce faisant de l&rsquo;opposition radicale qui prit la d&eacute;cision inverse. Ainsi, de 2006, ann&eacute;e au cours de laquelle il contribua &agrave; justifier &laquo;&nbsp;Pourquoi j&rsquo;ai choisi Kabila&nbsp;?&nbsp;&raquo; et &agrave; le faire &eacute;lire, &agrave; janvier 2015, pendant laquelle il fit gagner &agrave; l&rsquo;opposition ses premi&egrave;res grandes manifestations, et enfin &agrave; octobre 2016 o&ugrave; il signa le rapport issu du dialogue pour permettre le &laquo;&nbsp;glissement&nbsp;&raquo;. Quel parcours&nbsp;! Cette volatilit&eacute; politique complique la tache aux enqu&ecirc;teurs, contraints de s&rsquo;arr&ecirc;ter sur un aper&ccedil;u momentan&eacute; des opinions pourtant changeantes.<\/p>\n<p>Le constat peut-&ecirc;tre le plus frappant c&rsquo;est le d&eacute;clin de la popularit&eacute; de Joseph Kabila qui passe de 48,9% du vote d&eacute;clar&eacute; en 2011 &agrave; 7,8% dans ce sondage. Sur ce point, il y a lieu de tenir compte des quelques traits. &Agrave; ses d&eacute;buts dans l&rsquo;ar&egrave;ne politique, lorsqu&rsquo;il succ&eacute;da &agrave; son p&egrave;re, Joseph Kabila suscita parmi l&rsquo;opinion congolaise et internationale l&rsquo;espoir que ce jeune homme qui semblait motiv&eacute; par de bonnes intentions allait changer le mode de gouvernance habituel. Mais d&egrave;s le moment o&ugrave; il put se consid&eacute;rer comme l&eacute;gitim&eacute; par le processus &eacute;lectoral il d&eacute;clara le 6 d&eacute;cembre 2006 lors de son investiture comme pr&eacute;sident de la R&eacute;publique la phrase d&eacute;sormais c&eacute;l&egrave;bre &laquo;&nbsp;la r&eacute;cr&eacute;ation est termin&eacute;e&nbsp;&raquo;. Or il ne fallut pas longtemps pour r&eacute;aliser ce que ce propos jug&eacute; souvent sibyllin signifiait en fait le retour aux pratiques centralisatrices. Dans son &eacute;ditorial r&eacute;cent du journal <em>Le Soir<\/em>, Colette Braeckman &eacute;voquant les man&oelig;uvres de Kabila &eacute;crit&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;Durant plusieurs ann&eacute;es, on a pu y croire, &agrave; ces promesses (&hellip;). Mais voil&agrave; que les vieilles habitudes sont revenues, les trucs et ficelles pour rester au pouvoir. On croit assister &agrave; un remake des ann&eacute;es Mobutu, mis en &oelig;uvre par des sp&eacute;cialistes de l&rsquo;&eacute;poque. Avec des pourparlers en coulisses, des grands-messes appel&eacute;es &laquo;&nbsp;dialogue&nbsp;&raquo;, des enveloppes qui circulent sous la forme de per diem. Des voisins complaisants qui donnent quelques conseils pratiques au nouveau membre du club de ces pr&eacute;sidents qui, ne voulant pas quitter le pouvoir, s&rsquo;entourent de griots, de flatteurs, qui prendront la fuite ou retournerons leurs vestes au premier coup de grisou.&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>Mais apr&egrave;s 56 ann&eacute;es d&rsquo;ind&eacute;pendance, l&rsquo;environnement sociopolitique a chang&eacute;. Le temps du personnage charismatique incarnant la nation et lui promettant comme par magie un avenir prosp&egrave;re est d&eacute;pass&eacute;. La perspective d&rsquo;un futur heureux a laiss&eacute; la place &agrave; une d&eacute;sillusion profonde. Totalitarisme, corruption, impunit&eacute;, arbitraire, violences, &hellip; sont le vocabulaire de l&rsquo;opposition aujourd&rsquo;hui. Au vu de ceux qui envahissent les rues pour faire entendre leur voix aspirant au changement, Colette Braekman identifie des signes annonciateurs de mutation. Elle fait les observations pertinentes qui suivent&nbsp;: &laquo;&nbsp; Ils n&rsquo;ont pas trente ans mais leurs p&egrave;res leur ont racont&eacute; la com&eacute;die du pouvoir du temps de Mobutu et surtout ils leur ont dit o&ugrave; cela pouvait mener&nbsp;: les r&eacute;voltes dans la rue, voire les pillages, la r&eacute;pression in&eacute;vitablement excessive, meurtri&egrave;re. Ils n&rsquo;ont pas trente ans et leurs r&ecirc;ves sont simples&nbsp;: ils veulent du travail, une vie digne, un pouvoir qui ne ment pas, qui ne vole pas. Les jeunes Congolais savent, mieux encore que leurs a&icirc;n&eacute;s, que tout est li&eacute;&nbsp;: la d&eacute;mocratie, le respect de la Constitution, c&rsquo;est tout, simplement le pouvoir de sanctionner ceux dont le capital de confiance s&rsquo;est &eacute;rod&eacute;, la possibilit&eacute; de donner &agrave; d&rsquo;autres la possibilit&eacute; de faire autrement, mieux si possible. Ils n&rsquo;ont pas trente ans, mais ils refusent de cautionner un syst&egrave;me d&eacute;j&agrave; vieilli, ils disent non et posent des actes collectifs, m&egrave;nent des manifestations durement r&eacute;prim&eacute;es, crient dans les stades &agrave; l&rsquo;issue de chaque match.&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui donc, c&rsquo;est au pr&eacute;sident Kabila que la majorit&eacute; de l&rsquo;opinion s&rsquo;adresse pour exiger de respecter la Constitution&nbsp;: 81,4% rejette un changement de la Loi fondamentale pour permettre &agrave; Kabila de briguer un troisi&egrave;me mandat. Dans cette qu&ecirc;te d&rsquo;une aspiration l&eacute;gitime, les appartenances ethniques ou r&eacute;gionales g&eacute;n&eacute;ralement pr&eacute;gnantes dans semblable contexte c&egrave;dent la place &agrave; une revendication commune, fait que confirment les r&eacute;sultats engrang&eacute;s par le sondage selon lesquels l&rsquo;ethnicit&eacute; et l&rsquo;origine g&eacute;ographique jouent aujourd&rsquo;hui un r&ocirc;le ambigu. La Lucha dont l&rsquo;ancrage &eacute;tait essentiellement le Nord-Kivu est actuellement pr&eacute;sente &agrave; Kinshasa. Lorsque Tshisekedi tenta de n&eacute;gocier fin 2015 d&eacute;but 2016 la position de Kabila qui aurait conduit &agrave; un arrangement de pouvoir, il fut menac&eacute; non seulement par une grande partie de l&rsquo;opinion mais m&ecirc;me &agrave; Mbuji-Mayi o&ugrave; il conserve un bastion tr&egrave;s fid&egrave;le. Quand Kabila essaya en 2014 de gagner le soutien de sa province d&rsquo;origine, il se vit opposer le refus de pr&eacute;tendre &agrave; un troisi&egrave;me mandat par Mo&iuml;se Katumbi alors gouverneur du Katanga et encore membre de la Mouvance pr&eacute;sidentielle.<\/p>\n<p>Le chef de l&rsquo;&Eacute;tat a m&ecirc;me perdu le soutien de sa base ethnique Lubakat qui l&rsquo;avait &laquo;&nbsp;totalement&nbsp;&raquo;<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> soutenu en ce qui concerne une r&eacute;&eacute;lection en 2011<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>&nbsp;: sa popularit&eacute; aujourd&rsquo;hui dans les provinces du Haut-Lomami et du Tanganyika se situe autour de 7%. En fait, le chef de l&rsquo;&Eacute;tat n&rsquo;eut plus autour de lui qu&rsquo;un entourage de plus en plus h&eacute;t&eacute;roclite. Ces partisans ou plut&ocirc;t ces mercenaires sont pay&eacute;s &agrave; la t&acirc;che et n&rsquo;ont d&rsquo;autre finalit&eacute; que de veiller &agrave; la survie au pouvoir de la personne de Kabila. D&egrave;s le moment o&ugrave; modifier la Constitution devint une option difficile &agrave; mettre en &oelig;uvre, la solution lui permettant de demeurer &agrave; la t&ecirc;te de l&rsquo;&Eacute;tat fut le report des &eacute;lections. Il trouva en Corneille Nangaa, l&rsquo;acteur qui allait lui permettre de concr&eacute;tiser sa volont&eacute; alors que celui-ci est originaire de la province de l&rsquo;Ituri (ex district de la Province-Orientale) et d&eacute;sign&eacute; &agrave; la succession d&rsquo;Apollinaire Muholongu Malu-Malu par les confessions religieuses &agrave; l&rsquo;exception de l&rsquo;&eacute;glise catholique.<\/p>\n<p>Dans ces conditions &eacute;tablir une liste d&rsquo;&eacute;ventuels candidats &agrave; soumettre aux r&eacute;pondants au sondage pose probl&egrave;me. GEC et BERCI ont choisi de retenir<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> dans les cinq premi&egrave;res questions relatives aux candidats susceptibles de se pr&eacute;senter &agrave; la future &eacute;lection pr&eacute;sidentielle une liste de 23 acteurs consid&eacute;r&eacute;s comme pr&eacute;sidentiables. La finalit&eacute; d&rsquo;un sondage &eacute;tant d&rsquo;offrir une image aussi r&eacute;aliste que possible d&rsquo;une situation &agrave; un moment donn&eacute;, cette liste refl&egrave;te ce qu&rsquo;il y a de plus accessible. Elle porte effectivement sur les noms les plus m&eacute;diatis&eacute;s &agrave; l&rsquo;heure actuelle dont visiblement 6 pro-pouvoir et 17 pro-opposition. Cette liste peut &ecirc;tre jug&eacute;e comme suffisante par certains, ou al&eacute;atoire et orient&eacute;e par d&rsquo;autres. Quoiqu&rsquo;il en soit, des analyses de long terme devraient permettre de percevoir quels sont les facteurs qui d&eacute;terminent l&rsquo;&eacute;volution de la situation &agrave; ce sujet. Un premier point est &agrave; prendre en consid&eacute;ration&nbsp;: en fait, la limite du nombre de candidatures &agrave; l&rsquo;&eacute;lection pr&eacute;sidentielle en RDC ne semble r&eacute;sulter que de l&rsquo;importance de la caution exig&eacute;e pour poser sa candidature. En outre, les app&eacute;tits financiers continuent &agrave; passer avant les convictions relatives au sens de l&rsquo;&Eacute;tat et aux pr&eacute;occupations portant sur les aspirations de la population. D&egrave;s lors la question qui se pose est&nbsp;: comment devient-on acteur politique dans ce pays&nbsp;?<\/p>\n<p>La crise politique actuelle engendr&eacute;e par le silence du pr&eacute;sident Kabila quant &agrave; ses intentions en ce qui concerne le scrutin pr&eacute;vu constitutionnellement fin 2016 apporte une dimension suppl&eacute;mentaire au choix des candidats qui a &eacute;t&eacute; op&eacute;r&eacute;. Pour l&rsquo;opposition, d&rsquo;une fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale, le respect de la Constitution est devenu l&rsquo;axe central de leur revendication. Or en f&eacute;vrier 2006, &agrave; l&rsquo;occasion de la promulgation de celle-ci, Joseph Kabila avait promis solennellement de la respecter, ce que d&rsquo;ailleurs la Constitution lui impose. L&rsquo;article 69 alin&eacute;a 2 stipule en effet que&nbsp;: &laquo;&nbsp;Il (le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique) veille au respect de la Constitution &raquo;. Au lendemain de la cl&ocirc;ture des &laquo;&nbsp;Concertations politiques&nbsp;&raquo; organis&eacute;es du 7 septembre au 5 octobre 2013 dans le but de consolider la coh&eacute;sion nationale et de mettre fin aux cycles de violence &agrave; l&rsquo;Est de la RDC, il d&eacute;clara dans un discours devant le Congr&egrave;s&nbsp;:&nbsp;&laquo;&nbsp;Je suis pour le respect par tous, de l&rsquo;esprit et de la lettre de la Constitution de la R&eacute;publique dans son ensemble, telle qu&rsquo;adopt&eacute;e par r&eacute;f&eacute;rendum populaire en 2005&nbsp;&raquo;. (RDC, Primature.cd octobre 2013). Quant &agrave; Mobutu, lorsqu&rsquo;il prit le pouvoir en 1965 il d&eacute;clara qu&rsquo;il ne s&rsquo;accrocherait pas au pouvoir politique &eacute;tant un militaire. Faut-il d&egrave;s lors adh&eacute;rer &agrave; l&rsquo;opinion selon laquelle faire de la politique &eacute;quivaut &agrave; mentir&nbsp;? De toute &eacute;vidence, la parole donn&eacute;e ne figure pas dans la tradition locale, le foss&eacute; entre le dire et le faire demeurant extr&ecirc;mement large. Cette attitude eut deux effets. D&rsquo;une part, elle finit par pousser certains membres de la Majorit&eacute; pr&eacute;sidentielle (MP) &agrave; la quitter pour rejoindre l&rsquo;opposition, dont le &laquo;&nbsp;Groupe de 7&nbsp;&raquo;&nbsp;partis politiques (G7). D&rsquo;autre part, elle alimenta la prise de position en faveur de l&rsquo;alternance des mouvements de la soci&eacute;t&eacute; civile qui augment&egrave;rent et se renforc&egrave;rent.<\/p>\n<p>Il est de toute &eacute;vidence difficile de pr&eacute;voir ce que sera l&rsquo;avenir prochain de la RDC. Le sondage du GEC et du BERCI pose d&rsquo;ailleurs la question de fa&ccedil;on limit&eacute;e : que pourrait-il se passer &agrave; la date du 19 d&eacute;cembre 2016&nbsp;? La r&eacute;ponse est claire&nbsp;: 74,3% des personnes interrog&eacute;es veulent que le pr&eacute;sident d&eacute;missionne. Certes la Constitution demeure en principe le socle de l&rsquo;&Eacute;tat mais n&eacute;anmoins Kabila la viola sur plusieurs points et resta focaliser sur son ambition personnelle. La strat&eacute;gie du pouvoir dans ce contexte vise-t-elle &agrave; un enfermement menant &agrave; ce que le temps s&rsquo;&eacute;puise sans que le soubassement r&eacute;glementaire de l&rsquo;&Eacute;tat puisse fonctionner. En effet, la conjoncture n&rsquo;est plus d&rsquo;abord celle de la fin d&rsquo;une guerre, d&rsquo;une transition organis&eacute;e selon la formule du 1 + 4, d&rsquo;une improvisation due &agrave; l&rsquo;assassinat de Kabila p&egrave;re. Aujourd&rsquo;hui le camp Kabila est devenu attentiste. Ses actions s&rsquo;ajustent aux soubresauts de la crise qu&rsquo;engendrent les mouvements de rue le mena&ccedil;ant. Le temps de l&rsquo;incertitude brouille la vision du lendemain.<\/p>\n<p>Plusieurs facteurs d&eacute;termineront le sort de la RDC&nbsp;: la d&eacute;cision de Kabila&nbsp;; le pouvoir de conviction de son entourage&nbsp;; le niveau de coh&eacute;sion ou de disparit&eacute; de l&rsquo;opposition&nbsp;; les capacit&eacute;s de mobilisation de la population influenc&eacute;e par les capacit&eacute;s d&rsquo;action de l&rsquo;opposition&nbsp;; la possibilit&eacute; d&rsquo;un d&eacute;litement du pouvoir en place&nbsp;; la pesanteur du climat d&rsquo;incertitude. Il est &agrave; remarquer que dans l&rsquo;histoire congolaise la succession d&rsquo;un pouvoir &agrave; un autre n&rsquo;a jamais en fait &eacute;t&eacute; comptabilis&eacute;e dans les prospectives existantes&nbsp;: ni le coup d&rsquo;&Eacute;tat qui porta Mobutu au pouvoir pour la deuxi&egrave;me fois, ni Laurent D&eacute;sir&eacute; Kabila qui fut d&eacute;pos&eacute; au pouvoir &agrave; la suite d&rsquo;une action opportuniste des gouvernements r&eacute;gionaux profitant du d&eacute;litement profond de l&rsquo;&Eacute;tat Za&iuml;re ou, encore, Joseph Kabila en raison de l&rsquo;assassinat de Kabila p&egrave;re. Au del&agrave; du sondage actuel, tels sont une s&eacute;rie d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments &agrave; prendre en compte.<\/p>\n<p><em>Jean Omasombo est professeur en sciences politiques &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Kinshasa et chercheur aupr&egrave;s du Mus&eacute;e royal de l&rsquo;Afrique centrale &agrave; Tervuren\/ Belgique. <\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Les scores obtenus dans les r&eacute;gions Lubakat fr&ocirc;l&egrave;rent les 100% et certains d&eacute;pass&egrave;rent ce maximum math&eacute;matiquement autoris&eacute;. Cette situation s&rsquo;explique par ce qu&rsquo;avait conclu &laquo;&nbsp;Le conclave de l&rsquo;Association socioculturelle <em>Buluba-i-Bukata<\/em>&nbsp;&raquo; r&eacute;uni &agrave; Kamina du 31 janvier au 2 f&eacute;vrier 2011.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Gabriel Kyungu, Lubakat du territoire de Manono et co-pr&eacute;sidant du conclave de Kamina, avait soutenu le refus de Mo&iuml;se Katumbi et fait parti du G7.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Cette liste serait le r&eacute;sultat de la m&eacute;thodologie &agrave; la base du sondage. En fait, il revenait aux enqu&ecirc;t&eacute;s d&rsquo;avancer des noms. C&rsquo;est seulement lorsqu&rsquo;il arrivait que le blocage se pr&eacute;sente que des suggestions &eacute;taient faites par les enqu&ecirc;teurs. Mais on ne sait &eacute;valuer la part de cette intervention dans le sondage.<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article fait partie d&rsquo;une s&eacute;rie d&rsquo;essais qui commentent le sondage publi&eacute;&nbsp;par le Groupe d&rsquo;&eacute;tude sur le Congo (GEC) et le Bureau d&rsquo;&Eacute;tudes, de&nbsp;Recherches, et Consulting International (BERCI). 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