{"id":6088,"date":"2016-11-13T03:36:41","date_gmt":"2016-11-13T03:36:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/la-derniere-ligne-droite-2\/"},"modified":"2020-05-07T15:36:04","modified_gmt":"2020-05-07T15:36:04","slug":"la-derniere-ligne-droite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/2016\/11\/13\/la-derniere-ligne-droite\/","title":{"rendered":"La derni\u00e8re ligne droite\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p>Une d&eacute;l&eacute;gation du Conseil de s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;ONU est attendue cette semaine en R&eacute;publique d&eacute;mocratique du Congo. Le programme de son s&eacute;jour comprend Kinshasa pour des discussions avec les protagonistes de la crise congolaise, mais aussi des visites &agrave; l&rsquo;Est, notamment &agrave; Goma et Beni.<\/p>\n<p>Plusieurs observateurs dans la capitale congolaise ont indiqu&eacute; que la d&eacute;l&eacute;gation onusienne venait prendre acte des progr&egrave;s d&eacute;j&agrave; r&eacute;alis&eacute;s, globalement ent&eacute;rin&eacute;s par le sommet de la CIRGL qui s&rsquo;est r&eacute;cemment tenu &agrave; Luanda, pour appuyer dans un premier temps l&rsquo;accord politique de Kinshasa conclu sous la facilitation d&rsquo;Edem Kodjo. Mais aussi et surtout, dans un deuxi&egrave;me temps, pour exprimer clairement les attentes de la communaut&eacute; internationale en faveur d&rsquo;une plus grande inclusivit&eacute; de l&rsquo;accord. Ce qui veut dire, sous l&rsquo;empire de la constitution et de la r&eacute;solution 2277 du Conseil de s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;ONU.<\/p>\n<p>Il y a donc urgence, ne cesse-t-on de souligner &agrave; l&rsquo;ONU, dont les agences sp&eacute;cialis&eacute;es n&rsquo;ont pas arr&ecirc;t&eacute; de compter les morts et les bless&eacute;s, d&rsquo;inventorier la liste des violations massives des droits de l&rsquo;homme et de r&eacute;pression des libert&eacute;s tant individuelles que collectives depuis les &eacute;v&eacute;nements des 19 et 20 septembre 2016, de sonner l&rsquo;alarme par rapport &agrave; l&rsquo;expression des antagonismes et l&rsquo;exacerbation des tensions sur le terrain.<\/p>\n<p>S&rsquo;il est de plus en plus clair aujourd&rsquo;hui que l&rsquo;accord du 18 octobre n&rsquo;a pas r&eacute;ussi &agrave; cr&eacute;er l&rsquo;unanimit&eacute;, il est tout aussi vrai, au m&ecirc;me moment, que la fin du deuxi&egrave;me et dernier mandat de Joseph Kabila approche &agrave; grands pas, alors que personne, entre la menace des armes et la d&eacute;termination d&rsquo;importantes franges de la population &agrave; d&eacute;fendre la constitution et imposer l&rsquo;alternance d&eacute;mocratique, ne semble encore avoir pris la mesure de la violence qui pourrait appara&icirc;tre &agrave; beaucoup de Congolais comme la seule issue &agrave; l&rsquo;impasse.<\/p>\n<p>L&rsquo;ONU devrait par cons&eacute;quent mettre fermement sur la table la question qui f&acirc;che en demandant, en compl&eacute;ment de l&rsquo;accord du 18 octobre, qu&rsquo;une date soit clairement fix&eacute;e pour la pr&eacute;sidentielle. C&rsquo;est ce que la d&eacute;l&eacute;gation du Conseil de s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;ONU &ndash; qui comprend notamment les ambassadeurs fran&ccedil;ais, s&eacute;n&eacute;galais et angolais &ndash; compte dire au pr&eacute;sident Joseph Kabila ainsi qu&rsquo;aux dirigeants de l&rsquo;opposition et de la soci&eacute;t&eacute; civile. Une date qui devrait &ecirc;tre choisie par les Congolais eux-m&ecirc;mes, a pr&eacute;cis&eacute; l&rsquo;ambassadeur angolais Isma&euml;l Gaspar Martins, compl&eacute;t&eacute; par son homologue fran&ccedil;ais Fran&ccedil;ois Delattre. Pour ce dernier, l&rsquo;&eacute;lection doit se tenir &laquo; d&egrave;s que possible et dans le plein respect de la Constitution &raquo;. Avant de pr&eacute;ciser que la d&eacute;l&eacute;gation &laquo;saisira l&rsquo;occasion de parler &agrave; toutes les parties prenantes afin qu&rsquo;elles soient pleinement conscientes de leur responsabilit&eacute; de pr&eacute;server la paix et de se montrer pr&ecirc;tes &agrave; des compromis&raquo;.<\/p>\n<p>Alors que les 19 et 20 septembre ont jou&eacute; aux pr&eacute;curseurs, ce que la communaut&eacute; internationale craint, c&rsquo;est clairement de laisser la demande populaire, les frustrations et les ranc&oelig;urs culminer au fur et &agrave; mesure que l&rsquo;on s&rsquo;approchera de la date fatidique du 19 d&eacute;cembre. Une perspective d&rsquo;autant plus inqui&eacute;tante que certaines voix au sein de la majorit&eacute; caressent l&rsquo;espoir de recourir &agrave; l&rsquo;arme fatale de l&rsquo;&eacute;tat d&rsquo;urgence, sans &ecirc;tre en mesure d&rsquo;&eacute;valuer ni combien de temps celui-ci tiendra, ni quelle sera la r&eacute;action des forces de l&rsquo;opposition dans un contexte de contestation g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e de la l&eacute;gitimit&eacute; des institutions sur pied de l&rsquo;article 64 de la constitution. Ce dernier encourage en effet tout Congolais &agrave; &laquo; faire &eacute;chec &agrave; tout individu ou groupe d&rsquo;individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l&rsquo;exerce en violation des dispositions de la constitution&nbsp;&raquo;.Une crainte d&rsquo;autant plus justifi&eacute;e &agrave; ce stade que dans la rue comme sur les r&eacute;seaux sociaux, il est apparu que plusieurs groupes des jeunes, pour exprimer leur engagement, ont entrepris de s&rsquo;organiser en pr&eacute;vision du 19 d&eacute;cembre 2016 en dehors des structures traditionnelles de l&rsquo;opposition et de la soci&eacute;t&eacute; civile.<\/p>\n<p>Vilipend&eacute; &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur, boud&eacute; &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur par les partenaires traditionnels &ndash; Belgique, France, Etats-Unis &ndash; qui s&rsquo;appr&ecirc;tent &agrave; d&eacute;ployer des sanctions cibl&eacute;es contre les &eacute;lites au pouvoir, le r&eacute;gime Kabila n&rsquo;avait jamais &eacute;t&eacute; aussi encercl&eacute;, ce qui souligne d&rsquo;autant l&rsquo;importance du choix qu&rsquo;il est appel&eacute; &agrave; op&eacute;rer dans les jours et semaines qui viennent en favorisant un compromis politique plus global &agrave; m&ecirc;me d&rsquo;&eacute;viter au pays le chaos et de prot&eacute;ger les int&eacute;r&ecirc;ts du chef de l&rsquo;Etat, de sa famille politique et biologique.<\/p>\n<p>L&rsquo;initiative prise par les &eacute;v&ecirc;ques de la CENCO et encourag&eacute;e par le chef de l&rsquo;Etat repr&eacute;sente &agrave; coup s&ucirc;r cet espoir. Des signaux t&eacute;nus lanc&eacute;s de part et d&rsquo;autre de l&rsquo;&eacute;chiquier politique indiquent que Joseph Kabila comme le Rassemblement n&rsquo;y seraient pas hostiles. A titre d&rsquo;exemple, d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; le gouvernement pr&eacute;vu par l&rsquo;accord du 18 octobre n&rsquo;a toujours pas vu le jour, tandis que, de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute;, l&rsquo;opposition regroup&eacute;e au sein du Rassemblement acc&eacute;derait de plus en plus &agrave; l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une petite transition qui repousserait la date des &eacute;lections. Il reste &agrave; esp&eacute;rer que cette initiative ne sera pas parasit&eacute;e par les boutefeux comme les faucons d&rsquo;un camp comme de l&rsquo;autre d&eacute;termin&eacute;s soit &agrave; br&ucirc;ler le pays plut&ocirc;t que de perdre leurs privil&egrave;ges, soit &agrave; faire du chantage sur le dos de l&rsquo;accord politique du 18 octobre pour pr&eacute;server l&rsquo;espoir de monter au pouvoir.<\/p>\n<p>C&rsquo;est, ou presque, la derni&egrave;re ligne droite. Il n&rsquo;est pas s&ucirc;r qu&rsquo;elle soit exempte d&rsquo;emb&ucirc;ches et de pi&egrave;ges.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une d&eacute;l&eacute;gation du Conseil de s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;ONU est attendue cette semaine en R&eacute;publique d&eacute;mocratique du Congo. 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