{"id":6253,"date":"2017-04-04T08:41:14","date_gmt":"2017-04-04T08:41:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/?p=6253"},"modified":"2017-04-04T08:41:14","modified_gmt":"2017-04-04T08:41:14","slug":"kabila-un-arbitrage-deja-conteste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/2017\/04\/04\/kabila-un-arbitrage-deja-conteste\/","title":{"rendered":"Kabila : un arbitrage d\u00e9j\u00e0 contest\u00e9 !"},"content":{"rendered":"<p>C&rsquo;est d&eacute;sormais acquis&nbsp;: les deux experts de l&rsquo;ONU Michael Sharp et Za&iuml;da Catalan ont &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;s morts, d&eacute;capit&eacute;s, dans la r&eacute;gion de Bunkonde, pr&egrave;s de Tshimbulu, au Kasa&iuml; central. Deux serviteurs de la paix dans le monde qui sont tomb&eacute;s au nom de la m&eacute;chancet&eacute; des hommes et de leurs ambitions pour le pouvoir. &nbsp;Avant eux, de nombreux casques bleus de l&rsquo;ONU &eacute;taient tomb&eacute;s sur le champ de l&rsquo;honneur pour la cause du Congo d&eacute;mocratique, exactement comme le fut, en &hellip;au cours de l&rsquo;op&eacute;ration Onucongo, un certain Dag Hammarshold alors secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;ONU.<\/p>\n<p>La vive &eacute;motion soulev&eacute;e dans le monde par ces ex&eacute;cutions est la preuve que le crime ne restera pas impuni, que des enqu&ecirc;tes vont &ecirc;tre diligent&eacute;es pour d&eacute;gager les responsabilit&eacute;s et d&eacute;noncer les coupables autant que les commanditaires, ceux qu&rsquo;on appelle dans le jargon judiciaire international les auteurs intellectuels, quand bien m&ecirc;me il est &eacute;vident qu&rsquo;au-del&agrave; de la volont&eacute; manifeste d&rsquo;entraver le travail de l&rsquo;ONU, il existait celle de noyer l&rsquo;affaire des vid&eacute;os des massacres des populations civiles entre autre &agrave; Mwanza Ngoma avec l&rsquo;affaire des d&eacute;capit&eacute;s de Bunkonde. Pour autant, il ne sera pas &eacute;vident de convaincre l&rsquo;opinion, ni sur le mode op&eacute;ratoire de ces ex&eacute;cutions qui ne ressemble en rien aux coutumes locales, ni sur l&rsquo;existence d&rsquo;une milice d&eacute;sormais tentaculaire qui aurait subitement d&eacute;sert&eacute; les limites de ses revendications locales pour s&rsquo;&eacute;tendre sur pas moins de cinq provinces &ndash; Kasa&iuml; central, Kasa&iuml;, Kasa&iuml; oriental, Sankuru et Lomami &ndash; , ni sur sa soudaine capacit&eacute; &agrave; tendre des embuscades, rien qu&rsquo;avec des b&acirc;tons, des bandeaux rouges et des incantations magiques,&nbsp; &agrave; des &laquo;policiers&nbsp;&raquo; surarm&eacute;s venus de Kinshasa.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est pas le seul malaise qui souffle aujourd&rsquo;hui sur le Congo d&eacute;mocratique et lui donne cette image d&rsquo;un pays de l&rsquo;ailleurs. Il y a aussi cet &eacute;chec retentissant des bons offices des &eacute;v&ecirc;ques de la Conf&eacute;rence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), dont la bonne volont&eacute; et l&rsquo;enthousiasme se sont bris&eacute;s sur l&rsquo;herm&eacute;tisme et la b&ecirc;tise des acteurs politiques congolais arcbout&eacute;s sur la d&eacute;fense de leurs privil&egrave;ges pr&eacute;sents et &agrave; venir. En rendant le tablier lundi au pr&eacute;sident de la r&eacute;publique, les &eacute;v&ecirc;ques ont entendu ce dernier annoncer que cet &eacute;chec apparent ne signifiait pas la fin des n&eacute;gociations, qu&rsquo;au contraire il allait personnellement s&rsquo;investir pour &eacute;vacuer les derni&egrave;res divergences et qu&rsquo;il s&rsquo;exprimerait sur ses initiatives devant les deux chambres du parlement r&eacute;unies en congr&egrave;s.<\/p>\n<p>L&rsquo;annonce de Joseph Kabila &eacute;tait cens&eacute; ramener l&rsquo;espoir au sein d&rsquo;une population d&eacute;sabus&eacute;e. Mais beaucoup d&rsquo;autres analystes n&rsquo;ont pas manqu&eacute; de faire remarquer que la man&oelig;uvre, une nouvelle fois, comme en d&eacute;cembre dernier avec l&rsquo;annonce des bons offices des &eacute;v&ecirc;ques catholiques, se voulait habile pour d&eacute;samorcer la bombe des manifestations populaires spontan&eacute;es, dont on a eu un aper&ccedil;u mardi 29 mars dans certains quartiers de la capitale et certaines grandes villes de la RDC comme Lubumbashi, o&ugrave; des manifestants ont fait face &agrave; la police tandis que d&rsquo;autres br&ucirc;laient des pneus.<\/p>\n<p>Cette illustration vient malheureusement valider les craintes, formul&eacute;es par de nombreux experts de la question congolaise, d&rsquo;une g&eacute;n&eacute;ralisation prochaine de la violence et du retour du chaos en RDC. Tout ceci dans un contexte, justement, o&ugrave; la contestation est en train de monter dans les &eacute;tats-majors des partis politiques de l&rsquo;opposition qui n&rsquo;excluent plus de d&eacute;cr&eacute;ter l&rsquo;ill&eacute;gitimit&eacute; des institutions issues des &eacute;lections de 2006 (S&eacute;nat et assembl&eacute;es provinciales) et 2011 (Assembl&eacute;e nationale) ainsi que de leurs animateurs.<\/p>\n<p>La RDC se retrouve ainsi dans la situation qui &eacute;tait la sienne en d&eacute;cembre 2016 avec des institutions fin mandat oblig&eacute;es de tenter le coup de force pour se maintenir, face &agrave; une population d&eacute;termin&eacute;e &agrave; revendiquer l&rsquo;alternance. Et c&rsquo;est l&agrave; tout le paradoxe de la crise congolaise, dans la mesure o&ugrave; c&rsquo;est le m&ecirc;me pr&eacute;sident de la r&eacute;publique contest&eacute; qui promet, &agrave; la fois juge et partie, d&rsquo;y trouver la solution la plus appropri&eacute;e. C&rsquo;est pourtant lui qui a laiss&eacute; la majorit&eacute; d&eacute;manteler le dispositif de l&rsquo;accord relatif &agrave; la d&eacute;signation du premier ministre. C&rsquo;est aussi lui, &agrave; travers le communiqu&eacute; de la pr&eacute;sidence de la r&eacute;publique du 29 mars, qui laisse sa famille politique op&eacute;rer une intrusion dans les pr&eacute;rogatives d&rsquo;une autre, notamment sur la d&eacute;signation du pr&eacute;sident du Conseil national de Suivi de l&rsquo;Accord, qu&rsquo;il exige d&eacute;sormais d&rsquo;&ecirc;tre une personne consensuelle&nbsp;! Enfin, plusieurs critiques ont &eacute;pingl&eacute; le fait que pour arbitrer, Joseph Kabila se sente oblig&eacute; replacer dans le c&oelig;ur du jeu un congr&egrave;s constitu&eacute; d&rsquo;institutions contest&eacute;es parce que largement fin mandat que sont l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale et le S&eacute;nat, par ailleurs domin&eacute;s par sa propre majorit&eacute;&nbsp;!<\/p>\n<p>Au c&oelig;ur du nouvel &eacute;pisode de la crise congolaise, les &eacute;v&ecirc;ques n&rsquo;ont pas toujours eu la t&acirc;che facile. Ils ont &eacute;t&eacute; critiqu&eacute;s d&rsquo;avoir, par leurs bons offices,&nbsp; aid&eacute; la majorit&eacute; &agrave; traverser la date du 19 d&eacute;cembre sans, en retour, avoir consenti la moindre garantie de bonne fin. Ils ont aussi &eacute;t&eacute; critiqu&eacute;s de n&rsquo;avoir pas eu les ressources morales n&eacute;cessaires pour d&eacute;signer les acteurs du blocage et surtout d&rsquo;avoir accept&eacute; que certaines dispositions de l&rsquo;Accord de la Saint Sylvestre, notamment sur la d&eacute;signation du premier ministre, soient reformul&eacute;es au risque de remettre en cause l&rsquo;ensemble du dispositif. Il reste que ce faisant, la Cenco a eu l&rsquo;habilet&eacute; de placer Joseph Kabila, qui s&rsquo;en est vant&eacute;, devant ses responsabilit&eacute;s de garant de la nation. A ce dernier d&rsquo;apporter la preuve qu&rsquo;&ecirc;tre garant c&rsquo;est &ecirc;tre au service de la v&eacute;rit&eacute; et de la stabilit&eacute; et non &agrave; son propre service ou celui de sa famille politique. Le choix qu&rsquo;il fera, et qui portera sa marque, avancera le pays ou le plongera d&eacute;finitivement dans l&rsquo;impasse.<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est d&eacute;sormais acquis&nbsp;: les deux experts de l&rsquo;ONU Michael Sharp et Za&iuml;da Catalan ont &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;s morts, d&eacute;capit&eacute;s, dans la r&eacute;gion de Bunkonde, pr&egrave;s de Tshimbulu, au Kasa&iuml; central. 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