{"id":6960,"date":"2019-04-24T01:01:01","date_gmt":"2019-04-24T01:01:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/?p=6960"},"modified":"2023-09-30T03:11:42","modified_gmt":"2023-09-30T03:11:42","slug":"guest-blog-expliquer-la-violence-a-yumbi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/fr\/2019\/04\/24\/guest-blog-expliquer-la-violence-a-yumbi\/","title":{"rendered":"Guest blog: Expliquer la violence \u00e0 Yumbi"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\"><em>Thijs Van Laer est directeur de programme Pr&eacute;vention et r&eacute;solution des d&eacute;placements de l&rsquo;Initiative internationale pour les droits des r&eacute;fugi&eacute;s (IRRI), en Ouganda.<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-css-opacity is-style-wide is-core-separator-block\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">\n\n\n\n<div style=\"height:45px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n  <div id=\"anchor-nav-position-block_c3f934c71c41f160bb57e4ad63d2206b\" class=\"c-block-anchor-nav-position o-wrapper__inner\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px;padding-top:0px;padding-bottom:0px;\">\n    <div class=\"js-anchor-nav-position\"><\/div>\n\n    <div class=\"c-anchor-nav__mobile\">\n      <nav class=\"c-anchor-nav \"><span class=\"c-anchor-nav__heading\">Jump to a section of the report:<\/span><ul class=\"c-anchor-nav__links o-list-bare\"><li class=\"c-anchor-nav__item\"><a href=\"#Contexte\" class=\"c-anchor-nav__link \">Contexte<\/a><\/li><li class=\"c-anchor-nav__item\"><a href=\"#d%C3%A9cembre\" class=\"c-anchor-nav__link \">Les &eacute;v&eacute;nements de d&eacute;cembre<\/a><\/li><li class=\"c-anchor-nav__item\"><a href=\"#R%C3%A9ponse\" class=\"c-anchor-nav__link \">R&eacute;ponse<\/a><\/li><li class=\"c-anchor-nav__item\"><a href=\"#%C3%89lections\" class=\"c-anchor-nav__link \">&Eacute;lections<\/a><\/li><li class=\"c-anchor-nav__item\"><a href=\"#responsabilit%C3%A9\" class=\"c-anchor-nav__link \">R&eacute;conciliation et responsabilit&eacute;<\/a><\/li><\/ul><\/nav>    <\/div>\n  <\/div>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">En d&eacute;cembre 2018, deux semaines seulement avant les &eacute;lections nationales, des centaines de personnes ont &eacute;t&eacute; tu&eacute;es lors d&rsquo;un massacre en R&eacute;publique d&eacute;mocratique du Congo (RDC). Les sc&egrave;nes sinistres ne se sont pas d&eacute;roul&eacute;es &agrave; l&rsquo;Est, o&ugrave; la violence arm&eacute;e a caus&eacute; la mort de nombreuses victimes depuis des d&eacute;cennies. Cette fois-ci, l&rsquo;horreur s&rsquo;est perp&eacute;tr&eacute;e dans l&rsquo;ouest du pays, &agrave; 300 km au nord-est de la capitale Kinshasa.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Selon l&rsquo;ONU, plus de 535 personnes ont &eacute;t&eacute; tu&eacute;es &agrave; Yumbi (province de Ma&iuml;-Ndombe) lors d&rsquo;attaques organis&eacute;es et planifi&eacute;es par des membres de la communaut&eacute; tende contre des membres de la communaut&eacute; nunu. Ces violences ont dur&eacute; moins de 48 heures. Et 16 000 personnes ont fui vers le Congo-Brazzaville voisin, plus de 12 000 autres ont cherch&eacute; refuge sur des &icirc;les du fleuve Congo ou dans des villes alentour.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Yumbi ne figurait pas parmi les foyers de tensions en RDC, comme ce fut le cas lors d&rsquo;&eacute;pisodes de violence r&eacute;cents dans la r&eacute;gion du Kasa&iuml; et dans les provinces de l&rsquo;Ituri et du Tanganyika. Pour comprendre les causes de ces conflits et &eacute;volutions, l&rsquo;Initiative internationale pour les droits des r&eacute;fugi&eacute;s (IRRI) a men&eacute; ses propres enqu&ecirc;tes &agrave; Yumbi, interrogeant 35 victimes et d&rsquo;autres personnes bien inform&eacute;es sur les &eacute;v&eacute;nements.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-core-image-block\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:0px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\"><img decoding=\"async\" src=\"data:image\/gif;base64,R0lGODlhAQABAAAAACH5BAEKAAEALAAAAAABAAEAAAICTAEAOw==\" alt=\"\" class=\"wp-image-8136 lazyload is-lazyload u-img-fluid blurs-media-img\" data-src=\"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/annex_a_-_yumbi_maps-1024x724.jpg\" data-srcset=\"https:\/\/www.congoresearchgroup.org\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/annex_a_-_yumbi_maps-1024x724.jpg\"><\/figure>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading is-core-heading-block\" id=\"Contexte\" style=\"margin-top:5px;margin-bottom:10px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Contexte<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">L&rsquo;enterrement du chef coutumier des Nunu, d&eacute;c&eacute;d&eacute; dans la ville de Yumbi dans la nuit du 14 d&eacute;cembre, constitue l&rsquo;&eacute;l&eacute;ment d&eacute;clencheur des violences. Des membres de la communaut&eacute; des Tende avaient averti les Nunu de ne pas inhumer leur chef dans le centre-ville. Les autorit&eacute;s l&rsquo;avaient &eacute;galement interdit, mais les Nunu ont d&eacute;cid&eacute; de passer outre et ont enterr&eacute; leur chef aux c&ocirc;t&eacute;s de ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs, comme l&rsquo;exige leur coutume. Ils sont all&eacute;s ensuite dans les rues pour c&eacute;l&eacute;brer leur succ&egrave;s par des chansons. Et ils auraient attaqu&eacute; des maisons occup&eacute;es par des membres de la communaut&eacute; tende. Ces derniers ont consid&eacute;r&eacute; cela comme de la provocation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Les Tende sont certes minoritaires dans la ville de Yumbi, mais demeurent plus nombreux que les Nunu sur l&rsquo;ensemble du territoire qui porte le m&ecirc;me nom. Pendant des d&eacute;cennies, les deux groupes se sont disput&eacute;s l&rsquo;acc&egrave;s aux terres, &agrave; l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; et &agrave; d&rsquo;autres ressources. La majorit&eacute; des Tende affirment que ces terres leur appartiennent et occupent la plupart des postes coutumiers et administratifs aux niveaux local et provincial. Cela a aliment&eacute; la frustration de la minorit&eacute; nunu, consid&eacute;r&eacute;e comme relativement mieux lotie, s&rsquo;abonnant notamment &agrave; des activit&eacute;s de p&ecirc;che. Les Nunu ont r&eacute;guli&egrave;rement r&eacute;clam&eacute; la cr&eacute;ation de leurs propres entit&eacute;s administratives, qui seraient dirig&eacute;es par leurs propres chefs coutumiers. Ce qui leur donnerait une plus grande influence, notamment en ce qui concerne la terre. Ces revendications ont entra&icirc;n&eacute; des affrontements avec d&rsquo;autres communaut&eacute;s, notamment avec le village de Sengele, dans le village de Nkuboko (territoire d&rsquo;Inongo), en novembre 2018 et avec les Tende.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Des affrontements ayant eu lieu en 1963, 2006 et 2011 constituent des ant&eacute;c&eacute;dents historiques de la violence enregistr&eacute;e &agrave; Yumbi entre les Nunu et les Tende. Les deux groupes ont eu &eacute;galement recours &agrave; des alliances avec de puissantes tierces personnes : les Nunu auraient &eacute;t&eacute; ainsi favoris&eacute;s par les colonisateurs belges, tandis que les Tende auraient b&eacute;n&eacute;fici&eacute; du soutien &eacute;tatique lorsque Laurent- D&eacute;sir&eacute; Kabila est arriv&eacute; au pouvoir. Chacun de ces &eacute;pisodes a renforc&eacute; les ressentiments des deux c&ocirc;t&eacute;s et a jet&eacute; les bases de prochains affrontements.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading is-core-heading-block\" id=\"d&eacute;cembre\" style=\"margin-top:5px;margin-bottom:10px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Les &eacute;v&eacute;nements de d&eacute;cembre<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Apr&egrave;s la c&eacute;r&eacute;monie d&rsquo;inhumation, les Tende se sont mobilis&eacute;s dans des villages voisins. Ils ont lanc&eacute; des attaques, le 16 d&eacute;cembre, &agrave; Yumbi, et, le 17 d&eacute;cembre, &agrave; proximit&eacute; de Bongende et de Nkolo-Yoka. Les entretiens men&eacute;s par l&rsquo;IRRI aupr&egrave;s des survivants ont confirm&eacute; l&rsquo;organisation et la brutalit&eacute; de ces assauts. Compte tenu de la rapidit&eacute; de la mobilisation des assaillants, les victimes et les observateurs soup&ccedil;onnent les auteurs de ces actes d&rsquo;avoir mis en &oelig;uvre un plan pr&eacute;con&ccedil;u. Les combattants tende sont venus en grand nombre, venant de plusieurs directions, arm&eacute;s de machettes, de fusils de chasse, mais aussi d&rsquo;armes militaires et d&rsquo;amulettes. Ils ont fait du porte-&agrave;-porte, tuant des habitants, pillant des biens et incendiant des maisons. Certains barrages routiers ont &eacute;t&eacute; install&eacute;s pour emp&ecirc;cher les Nunu de s&rsquo;&eacute;chapper. Des attaques ont &eacute;t&eacute; aussi lanc&eacute;es contre ceux qui tentaient de s&rsquo;enfuir par la rivi&egrave;re au moyen des pirogues. Des survivants ont racont&eacute; comment des membres de leur famille avaient &eacute;t&eacute; br&ucirc;l&eacute;s vifs ou d&eacute;membr&eacute;s. Un t&eacute;moin a d&eacute;clar&eacute; avoir entendu des hommes en uniforme militaire dire : &laquo; Notre mission est de tuer les Nunu. Si nous leur tirons dessus et qu&rsquo;ils ne sont pas encore morts, vous devez les achever avec des machettes. &raquo; Une enqu&ecirc;te judiciaire para&icirc;t n&eacute;cessaire pour d&eacute;terminer si des crimes contre l&rsquo;humanit&eacute; ou m&ecirc;me un g&eacute;nocide ont &eacute;t&eacute; commis lors de ces attaques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Certains Nunu ont tent&eacute; de faire preuve de r&eacute;sistance et ont men&eacute; des attaques de repr&eacute;sailles (l&rsquo;IRRI a interrog&eacute; un Tende qui a d&eacute;clar&eacute; que les Nunu avaient tu&eacute; plusieurs membres de sa famille &agrave; Yumbi), mais ils &eacute;taient moins bien pr&eacute;par&eacute;s et moins &eacute;quip&eacute;s que les assaillants. Des t&eacute;moins ont d&eacute;clar&eacute; &agrave; l&rsquo;IRRI avoir vu des policiers et des personnes en treillis militaire participer aux attaques aux c&ocirc;t&eacute;s des Tende. C&rsquo;&eacute;taient sans doute des soldats d&eacute;mobilis&eacute;s ou des militaires en activit&eacute; participant &agrave; ces assauts pour leur propre compte. La milice, de son c&ocirc;t&eacute;, a attaqu&eacute; une position des forces navales, tuant au moins un de ses membres &agrave; Bongende; mais elle &eacute;tait g&eacute;n&eacute;ralement confront&eacute; &agrave; peu de r&eacute;sistance de la part des forces de s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;Etat.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading is-core-heading-block\" id=\"R&eacute;ponse\" style=\"margin-top:5px;margin-bottom:10px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">R&eacute;ponse<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Quelques jours plus tard, des renforts militaires et policiers sont arriv&eacute;s et ont r&eacute;tabli un ordre pr&eacute;caire. De nombreuses personnes &agrave; qui nous avons parl&eacute; ont pr&eacute;conis&eacute; de renforcer la pr&eacute;sence de l&rsquo;&Eacute;tat et ont vivement critiqu&eacute; les autorit&eacute;s provinciales pour leur r&eacute;action tardive et limit&eacute;e lors des &eacute;v&eacute;nements, alors m&ecirc;me qu&rsquo;elles &eacute;taient au courant de ce qui se passait. Les habitant ont refus&eacute; d&rsquo;accepter un administrateur civil envoy&eacute; d&rsquo;Inongo, la capitale de la province, pour remplacer son pr&eacute;d&eacute;cesseur tu&eacute;, et ont pr&eacute;f&eacute;r&eacute; laisser l&rsquo;administrateur militaire par int&eacute;rim en place. Nombreux sont ceux qui accusent le gouverneur sortant, Gentiny Ngobila, mais aussi le chef coutumier et le commandant de la police, tous des Tende, d&rsquo;&ecirc;tre &agrave; l&rsquo;origine des attaques, mais l&rsquo;IRRI n&rsquo;a vu aucune preuve concluante de ce sujet. Ngobila a depuis &eacute;t&eacute; &eacute;lu gouverneur de Kinshasa.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">La mission de maintien de la paix des Nations unies (Monusco) a charg&eacute; des Casques bleus de s&eacute;curiser la zone et a men&eacute; une enqu&ecirc;te approfondie sur les violations des droits de l&rsquo;homme. Cependant, &agrave; l&rsquo;instar de la violence survenue dans la r&eacute;gion du Kasa&iuml; &agrave; la fin de 2016, la mission onusienne a &eacute;prouv&eacute; du mal &agrave; r&eacute;agir aux attaques de Yumbi &ndash; sa pr&eacute;sence r&eacute;duite dans l&rsquo;ouest de la RDC et ses nombreux d&eacute;fis concurrents y ont contribu&eacute;.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">L&rsquo;un des objectifs de la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une pr&eacute;sence militaire renforc&eacute;e est de permettre le retour des r&eacute;fugi&eacute;s &agrave; Makotimpoko (Congo-Brazzaville) ou des personnes d&eacute;plac&eacute;es &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du pays. Les autorit&eacute;s militaires et civiles ont exhort&eacute; ou fait pression sur les populations pour qu&rsquo;elles regagnent Yumbi. Un nombre important d&rsquo;entre elles a r&eacute;pondu &agrave; ces appels, mais d&rsquo;autres restent sceptiques &agrave; cause de la s&eacute;curit&eacute; et des conditions de vie inqui&eacute;tantes. De nombreuses personnes d&eacute;plac&eacute;es n&rsquo;ont m&ecirc;me plus de maison, pourraient devoir faire face aux auteurs &agrave; leur retour et revivre ainsi leur traumatisme. Des acteurs humanitaires arrivent de plus en plus dans la r&eacute;gion, mais les besoins demeurent immenses, car plus de 1 000 maisons, 14 &eacute;coles et 4 centres de sant&eacute; ont &eacute;t&eacute; d&eacute;truits.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading is-core-heading-block\" style=\"margin-top:5px;margin-bottom:10px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">&Eacute;lections<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Invoquant des raisons de s&eacute;curit&eacute;, la Commission &eacute;lectorale nationale ind&eacute;pendante (Ceni) a d&eacute;cid&eacute; le 26 d&eacute;cembre de reporter les &eacute;lections l&eacute;gislatives et provinciales &agrave; Yumbi, comme dans certaines parties de la province du Nord-Kivu. Son bureau &agrave; Yumbi avait &eacute;t&eacute; incendi&eacute; lors des attaques. Malgr&eacute; de nombreuses inqui&eacute;tudes quant &agrave; l&rsquo;impossibilit&eacute; de voter des personnes d&eacute;plac&eacute;es, principalement des Nunu, les &eacute;lections ont finalement eu lieu le 31 mars. Le parti de l&rsquo;ancien pr&eacute;sident Joseph Kabila, le PPRD, a remport&eacute; les deux si&egrave;ges en jeu &agrave; l&rsquo;assembl&eacute;e provinciale et &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Les deux &eacute;lus sont originaires de la communaut&eacute; tende, qui semble &ecirc;tre plus proche de Kabila que les Nunu, r&eacute;put&eacute;s plus oppos&eacute;s &agrave; l&rsquo;ancien pr&eacute;sident. Ces derniers sont susceptibles de contester les r&eacute;sultats, car ils se sentent d&eacute;j&agrave; sous-repr&eacute;sent&eacute;s &agrave; tous les niveaux. &Eacute;tant donn&eacute; le moment choisi pour les attaques, nombre de personnes soup&ccedil;onnent bien entendu un lien avec le processus &eacute;lectoral, comme ce fut le cas pour les violences qui avaient pr&eacute;c&eacute;d&eacute; des &eacute;ch&eacute;ances &eacute;lectorales de 2006 et de 2011.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Pr&eacute;vues initialement en septembre, les &eacute;lections locales &agrave; venir pourraient constituer le prochain rendez-vous de tensions. Bien qu&rsquo;ils permettent plus d&rsquo;inclusion et de responsabilisation locale, ces scrutins sont &agrave; risques : la campagne &eacute;lectorale sur les th&egrave;mes de l&rsquo;identit&eacute;, du pouvoir et des ressources pourrait entra&icirc;ner &agrave; nouveau des violences &agrave; Yumbi et ailleurs, surtout si les r&eacute;sultats des &eacute;lections sont par la suite manipul&eacute;s et des diff&eacute;rends &eacute;lectoraux mal g&eacute;r&eacute;s.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading is-core-heading-block\" id=\"responsabilit&eacute;\" style=\"margin-top:5px;margin-bottom:10px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">R&eacute;conciliation et responsabilit&eacute;<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Les risques de nouvelles violences resteront &eacute;lev&eacute;s si les efforts pour promouvoir la r&eacute;conciliation et la responsabilisation restent moindres, comme ils le sont actuellement. Certaines mesures ont &eacute;t&eacute; prises pour tenter d&rsquo;inverser la tendance : une d&eacute;l&eacute;gation gouvernementale s&rsquo;est rendue dans la r&eacute;gion pour promouvoir la r&eacute;conciliation et des dirigeants des deux communaut&eacute;s ont &eacute;t&eacute; invit&eacute;s &agrave; Kinshasa pour un dialogue. Vingt et un suspects ont &eacute;t&eacute; arr&ecirc;t&eacute;s et transf&eacute;r&eacute;s &agrave; Kinshasa. Des t&eacute;moins ont toutefois cit&eacute; les noms de plusieurs autres auteurs qui sont toujours en fuite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"is-core-paragraph-block has-space-small-mb\" style=\"margin-top:0px;margin-bottom:30px;padding-top:0px;padding-bottom:0px\">Une religieuse catholique a confi&eacute; &agrave; l&rsquo;IRRI : &laquo;Nous avons besoin de r&eacute;conciliation. Mais les gens ont aussi besoin de justice, de vraie justice. Sinon, il n&rsquo;y aura jamais de r&eacute;conciliation. &raquo; Les retours pr&eacute;cipit&eacute;s des personnes d&eacute;plac&eacute;es, les r&eacute;ponses inappropri&eacute;es des forces de s&eacute;curit&eacute; et les traumatismes non trait&eacute;s pourraient raviver le conflit, malgr&eacute; les nombreux r&eacute;cits de cohabitation et de solidarit&eacute; ant&eacute;rieurs lors des violences entre les groupes ethniques. Pour &eacute;viter une reprise des conflits, il est essentiel d&rsquo;investir massivement dans les efforts de r&eacute;conciliation et d&rsquo;&eacute;tendre les enqu&ecirc;tes et les poursuites de l&rsquo;ONU aux personnes qui ont organis&eacute; la violence.<\/p>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Thijs Van Laer est directeur de programme Pr&eacute;vention et r&eacute;solution des d&eacute;placements de l&rsquo;Initiative internationale pour les droits des r&eacute;fugi&eacute;s (IRRI), en Ouganda. 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